RAIL et MEMOIRE

RAIL et MEMOIRE

BECHEPAY René

BÉCHEPAY René

 

Ajusteur à LE MANS (72)

Dépôt de Rouen (76)

 

Date de naissance : 19 juin 1916

Lieu de naissance : LE MANS (72)

Date de décès :  28 août 1942

Lieu de décès  : ROUEN (76)

Circonstances : Fusillé

 

 

Méthode  de recherche Rail & Mémoire pour cette notice :

 

Livre => Joseph ESTEVES, 100 visages de la Résistance et de la Déportation en Sarthe ( à compte d'auteur 2005 )

 

 

BÉCHEPAY René (1916 – 1942)

 

C'est pendant la grande bataille de Verdun, que René Béchepay voit le jour au Mans. Fils unique de Jean Béchepay et d'Eugénie Lailler, il naît le 19 juin 1916, dans une famille de cheminots. Habitant derrière la gare, au 95, rue de la Scierie, (devenue le 25 avril 1960, la rue René-Béchepay), il poursuit à l'école Jean-Macé, une brillante scolarité. En 1929, il entre à l'école d'apprentissage des chemins de fer où ses qualités morales sont appréciées tout autant que ses aptitudes professionnelles. Son CAP d'ajusteur en poche, il entre au dépôt du service autorail du Mans. Dans ces années instables, René Béchepay lutte pour la paix et la fraternité dans le monde. Actif militant, c'est au service des républicains espagnols qu'il déploie, dès l'été 1936, toute son énergie. En septembre de l'année suivante, il fait son service militaire dans la Marine.

 

C'est ainsi qu'en septembre 1939, lorsque la guerre éclate, René Béchepay prend part à la défense côtière comme second maître (grade qui équivaut à celui de sergent dans l'Armée de Terre). Démobilisé en Angleterre après l'armistice de 1940, il rentre en métropole chez ses parents, après un transfert par le Maroc. La présence allemande exacerbe ses sentiments patriotiques et il n'est nullement résigné devant le drame qui submerge ses contemporains.

 

Dès les premiers mois de l'année 1941, René Béchepay entre dans la Résistance. A cette époque, il travaille, avec Georges Bareau (1918 – 2001 )  et Maurice Beaulaton (né en 1919  ), au dépôt SNCF de Rouen. Ce lieu est particulièrement surveillé par l'ennemi. Cependant ce jeune patriote impétueux multiplie les actions clandestines. Son audace le pousse à prendre toujours plus de risques, dans un monde où tous ne sont pas animés d'une aussi noble ambition. Ses idées politiques le poussent à prendre une place importante dans la constitution du groupe des FTPF ( Francs Tireurs et Partisans Français: groupe d'action militaire du Front national). C'est ainsi que René Béchepay est dénoncé à la Gestapo, qui l'arrête le 22 mai 1942. Accusé de propagande, de sabotage et d'actes de terrorisme, il est incarcéré à la prison Bonne Nouvelle de Rouen. Le 28 août 1942, avec Cloarec, un camarade de vingt-sept ans, il tombe sous les balles nazies et il est inhumé au cimetière de Rouen Saint-Sever. En général, avant d'être fusillés, les prisonniers étaient prévenus le matin-même à huit heures. Ils recevaient un colis de la Croix-Rouge avec friandises et cigarettes. A onze heures, ils pouvaient écrire une dernière lettre. Après, ils avaient le droit de recevoir un prêtre, et à quinze heures, ils étaient conduits devant le peloton d'exécution... Robert Jarry, dans son étude sur les communistes du département, fait remarquer que sur les trente et un résistants sarthois fusillés, vingt-cinq étaient communistes.

 

Après la guerre, à la demande de son père, le corps de René Béchepay est ramené en terre mancelle. Sa tombe, le long du mur sud du cimetière Saint-Pavin, porte l'inscription «Mort pour la France ». Son œuvre admirable contre l'occupant, lui vaudra une homologation au grade de sous-lieutenant FFI. Sous l'impulsion de Georges Bareau, un «Comité du Souvenir René Béchepay» décide d'honorer la mémoire de ce combattant sarthois disparu dix ans auparavant. Une plaque est alors inaugurée, le 31 août 1952, sur la maison qu'il occupait avec ses parents, au numéro 5 de la rue Henri-Barbusse, au Mans. A Sotteville-lès-Rouen, où se trouve la grande gare de triage de l'agglomération rouennaise, une rue honore aussi l'action magnifique, de ce jeune martyr de la Résistance

 

Source =>  Joseph ESTEVES, 100 visages de la Résistance et de la Déportation en Sarthe ( à compte d'auteur 2005 )

 



26/06/2008
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