D'HALLENDRE Eugène

D’HALLENDRE Eugène

 

 

Cheminot

 

 

Date de naissance : 21 août1898

Lieu de naissance : LA MADELEINE  (59)

Date de décès : 27 décembre 1943

Lieu de décès : FORT de BONDUES (59)

Circonstances : Fusillé  

 

Méthode de recherches Rail et Mémoire pour cette notice :

 

D’HALLENDRE (E.), Eugène D’Hallendre, Cheminot, fusillé par les Allemands le 27 décembre 1943 – Sa participation dans La Voix du Nord, l’ « O.C.M. », Réseaux « Centurie », « Pat O’Leary », « Comète », 1979.

D’HALLENDRE (E.), La Résistance à La Madeleine.

Archives concernant les fusillés du Fort de Bondues, Doc RFB2, Musée de la Résistance de Bondues.

http://www.ville-bondues.fr/musee/

 

 

Eugène D’Hallendre est né à la Madeleine, le 21 août 1898. Son père est employé et sa mère patronne d’un hôtel café restaurant. Il fréquente la même école que Léon Trulin et y apprend auprès de ses instituteurs l’amour de la Patrie. Il poursuit  des études professionnelles et devient mécanicien. En 1922, il entre aux Chemins de Fer du Nord où il fait toute sa carrière.

 

Eugène D’Hallendre est un patriote : engagé volontaire en 1916, il combat dans la marine puis l’aviation et participe à l’occupation de la Rhénanie. Il poursuit ses activités militaires comme officier de réserve. C’est un citoyen actif : militant CGT, socialiste puis radical socialiste, il est élu au Conseil Municipal de la Madeleine.

 

En 1940, il refuse l’armistice et ses clauses particulièrement dures pour la région du Nord-Pas-de-Calais. Il s’oppose à toute collaboration et à l’idéologie de Vichy. Dans un premier temps, il refuse de travailler puis il  met au service de la Résistance sa profession, ses compétences, ses relations.

           

Parce qu’il est cheminot dans le service d’entretien et réparation des voies ferrées, il circule facilement entre son domicile situé à La Madeleine et son lieu de travail à Arras, il parcourt toute la région. Il poursuit des activités multiples de renseignement, la recherche de terrains d’atterrissage, de faux papiers. Il obtient des stocks de papier des Etablissements Beghin et après les avoir entreposés chez lui, les livre à La Voix du Nord puis distribue tracts et journaux : d’abord Les Petites Ailes puis La Voix de la Nation, Défense de la France, La Voix du Nord. Gaulliste, il écoute régulièrement la B.B.C. et rédige des tracts antiallemands et antivichystes : 24 numéros du 1er décembre 1940 au 4 septembre 1941 et diffusés dans les trains et les gares. Ces tracts, tapés à la machine, sont signés de son numéro de matricule dans l’armée: 63675.

 

Il est l’un des fondateurs dans le Nord du mouvement « O.C.M. » (Organisation Civile et Militaire). Ce mouvement est mis en place à la suite de la rencontre de Farjon, Scaillerez, Delassus et D’Hallendre à Arras. La BBC confirme que ce réseau est gaulliste par un message envoyé les 11, 12 et 13 juillet 1942 : « Les 4 amis d’Arras se sont rencontrés ». Le 6 avril 1943, D’Hallendre reçoit les instructions de de Gaulle par l’intermédiaire d’André Dewarin, dit « Passy », chef du B.C.R.A., venu chez lui à la Madeleine. L’O.C.M. est organisée en 3 réseaux : Coups de main, sabotage, évasion. Eugène D’Hallendre est chargé de la direction du réseau évasion.

 

Il avait été auparavant en contact avec les réseaux « Pat O’ Leary » et « Comète » dont il organise la ligne d’évasion Bruxelles – San Sebastian. Il peut compter notamment pour l’hébergement et le convoyage des soldats français et alliés sur plusieurs personnes dont Valentine Ployart à la Madeleine, Rolande Witton à Achicourt, ainsi qu’Albert et Maurice Bricourt qui sont douaniers. De nombreux aviateurs anglais évitent ainsi la capture et rentrent en Angleterre. Le réseau Comète a réussi à faire reprendre le combat à 150 aviateurs britanniques.

 

Dénoncé par un traître, Marcel Dénèque, qui avait été condamné puis gracié après sa dénonciation de Léon Trulin en 1916, Eugène D’Hallendre est arrêté le 20 juillet 1943. Condamné à mort, il est fusillé le 27 décembre 1943 au Fort de Bondues.

 

 

Bibliographie :    -DEJONGHE E., LE MANER Y., Le Nord-Pas-de-Calais dans la main allemande, 1940-1944, Editions La Voix du Nord, Lille, 2000.

                        -DEREZ (L.), Quand Lille avait faim, 1940-1944, S.I.L.I.C., Lille.

-FOSSIER (J-M),  Nord-Pas-de-Calais, Zone Interdite, Mai 1940 – Mai 1945, Editions Sociales, Paris, 1977.

                        -NOGUERES Henri DEGLLIAME-FOUCHE Marcel, VIGIER Jean-Louis, Histoire de la Résistance en France, 2 tomes, Laffont, Paris, 1967.

                        -L’Engagement dans la Résistance (France du Nord – Belgique), VANDENBUSSCHE R. (Dir.), Centre de Recherches sur l’Histoire de l’Europe du Nord-Ouest, CEGES - Université Charles de Gaulle - Lille 3, Villeneuve d’Ascq, 2003.

                        -BERNARD (F.), La Madeleine au temps des années sombres, 1939-1944, publié par l’Hôtel de ville de La Madeleine, 1992.

                        -Résistance 1940-1944, Témoignages, Dossiers, Chronologie, Edition Nord-Pas-de-Calais, Editions Little Big Man, Paris, 2004.

                               - Les circonstances et les conditions de l’exécution de quatre fusillés à Bondues le 27 décembre 1943,   Memor  n° 10 (2), décembre 1989.

                        - Les circonstances et les conditions de l’exécution de quatre fusillés à Bondues le 27 décembre 1943,   Le Combattant, Flandres, Artois, Hainaut,   n° 66, décembre 1992.



Article ajouté le 2009-01-16 , consulté 76 fois

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