RAIL et MEMOIRE

RAIL et MEMOIRE

DE SMET Arthur

DE SMET Arthur

 

Cheminot à VAIRES sur MARNE (77)

 

 

 

 

Date de naissance : 18 janvier 1924

Lieu de naissance : ?

Date de décès : 16 Aout 1944

Lieu de décès : Paris 16

Circonstances : Fusillé

 

 

 

Méthode de recherche Rail et Mémoire pour cette notice :

 

Plaquette éditée par la mairie de Paris sous la direction de Guy Krivopisco  en Juillet 2004; Les fusillés de la cascade du bois de Boulogne, page 17.

Sur Internet : www.paris.fr/portail/viewmultimediadocument?multimediadocument-id=15028

 

Site Internet partenaire «  les plaques commémoratives » : http://www.plaques-commemoratives.org/

 

Site Internet libération de paris : http://www.liberation-de-paris.gilles-primout.fr/emaillot.htm

 

Article du 24 Aout 1992 archives Journal L’Humanité :   http://www.humanite.fr/1992-08-24_Articles_-LE-JEUNE-HOMME-SOURIANT

 

 

 

Cheminot à Vaires sur Marne, il entre en résistance en 1942 et recherché par la police,  part en Savoie où il participe aux combats du plateau des Glières.

A la libération il revient à CHELLES et participe aux actions du groupe FFI FTP., domicilié à Chelles, sous-lieutenant des FFI, il  tombe avec une quarantaine de ses camarades dans un piège (le groupe avait rendez-vous Porte Maillot avec un officier anglais qui devait leur livrer des armes pour l'insurrection, en fait il s'agissait d'un agent de la Gestapo qui les conduisit rue des Saussaies).

 

Il est fusillé le 16 août 1944 à la Cascade du Bois de Boulogne avec ses 34 compagnons dont Charles BIRETTE ( voir cette notice)

 

« Ce mercredi 16 août 1944 vers 11h00 le temps est couvert. Un orage ne devrait pas tarder à éclater. Trois groupes de F.F.I ont rendez-vous, près de la porte Maillot, avec le capitaine « Jack » ou « Jacques » de l’Intelligence Service. Ils sont entrés en contact avec lui grâce à Wigen Nercessian, agent du réseau Marco Polo, et doivent récupérer un important stock d’armes. L’insurrection a un besoin impératif d’armes.

Le groupe des Jeunes chrétiens combattants stationne rue Troyon ; les F.F.I-F.T.P de Chelles sont rue Saint Ferdinand, les Jeunes de l’Organisation civile et militaire attendent avenue de la Grande Armée.

Des F.F.I du groupe Sicard de Draveil sont en route de leur côté ; ils ont été contactés par un certain Boulfroy. Ils ont rendez-vous 14 rue Leroux.

Le capitaine « Jack » arrive enfin. Il donne l’ordre aux jeunes gens de monter dans les camions, de rabattre les bâches et de se tenir tranquille pendant le voyage qui sera court. Un camion est en surnombre, le capitaine « Jack » donne l’ordre à Quarteron, le chauffeur, d’aller le garer plus loin. Quarteron, ne « sentant » pas bien la situation ne reviendra pas.

Le groupe des Jeunes chrétiens combattants démarre. Quelques centaines de mètres plus loin, à peine, et c’est un arrêt boulevard de Salonique. Un cordon de soldats allemands barre la chaussée. Tout le monde descend sous la menace des mitraillettes. Fouille générale. Rembarquement. Direction la rue des Saussaies, siège de la SIPO-SD (Gestapo et Kripo, principales directions de police allemande). Dans la cour, mains en l’air, les jeunes gens sont interrogés à tour de rôle pendant toute l’après midi. On se contente de prendre leur identité. Aucune question n’est posée sur l’opération du jour. Guy Hemery est particulièrement malmené pour sa part.

En fin d’après midi, Michelle Boursier alias « Diane », responsable féminine nationale des Jeunes chrétiens combattants, Allary, ancien combattant de 14/18 et Bartaire qui a prétendu être monté en stop dans l’un des camions, sont libérés sans autre forme de procès.

Le groupe des F.F.I-F.T.P de Chelles, à bord de ses deux camions et d’une ambulance,  est conduit pour sa part dans un garage du passage Doisy entre la rue d’Armaillé et l’avenue des Ternes. La porte du garage se referme sur les véhicules. Les hommes sont accueillis par des soldats allemands et des auxiliaires du commando de Friedrich Berger de la Gestapo de la rue de la Pompe. Ils sont conduits, par un couloir percé dans un mur mitoyen, à l’hôtel de Chevreuse où ils sont enfermés dans les caves. Vers 13h00, miraculeusement, un employé de l’organisation Todt explique aux prisonniers qu’il veut bien les aider à fuir, leur remet un plan des lieux et laisse la porte entrouverte en partant. A chaque tentative, les hommes sont obligés de rebrousser chemin, des voix allemandes se font entendre au bout du couloir. Profitant d’un interrogatoire en groupe, Jean Favé alias « Paris », co-responsable avec le Henri Blanchet du groupe de Chelles, parvient à s’enfuir. Les prisonniers remontent dans leur camion et sont conduits rue des Saussaies.

Henri Blanchet est emmené par des hommes de Berger 180, rue de la Pompe.  En présence du docteur Fernand Rousseau, médecin attaché au service de cette officine de la Gestapo, Friedrich Berger l’abat de plusieurs balles de revolver. Dans la nuit le cadavre sera déposé à la Cascade du Bois de Boulogne.

Le camion des F.F.I du groupe Sicard de Draveil arrive à 15h00 dans la rue Leroux et s’arrête devant le numéro 14, un immeuble de la Kriegsmarine ... Comprenant le piège, un résistant abat l’agent de la Gestapo Boulfroy, alias « Gustave », qui était installé à côté du chauffeur et le guidait. Le camion est aussitôt pris sous le feu croisé des soldats allemands occupants les immeubles adjacents. Les F.F.I se défendent furieusement et parviennent à tuer quatre de leurs assaillants, dont Louis Gianoni, dit « Petit Louis », patron de boîte de nuit et auxiliaire de F. Berger, et a en blesser un grand nombre. Deux résistants sont tués dans le camion. Les survivants sont conduits dans la cour du 14. Un gendarme blessé au genou chancelle, il est abattu au pied d’un arbre à droite en entrant. Le deuxième gendarme est tué devant la porte du pavillon à droite. Les trois derniers hommes sont fusillés devant les grandes portes des écuries (le 14 rue Leroux est un ancien hôtel particulier).

Dans la soirée un bruit de mitrailleuse et d’explosions de grenades retentit près de la Cascade du Bois de Boulogne. Le secteur est interdit et gardé par des soldats ; personne ne peut approcher. Le sort de ces encombrants prisonniers a été confié à Friedrich Berger qui a décidé de les fusiller avant de quitter Paris pour l’Allemagne.

Le lendemain matin, vers 6h00, quelques hommes se rendent sur place dont Octave Michel, ingénieur de la Cascade :

« Les hommes ont été descendus de force des camions, les rangs successifs sont tombés sur les cadavres des rangs les précédant, les dernières victimes ont été fusillés debout. L’un des fusillés des premiers rangs s’est traîné sur quelques mètres. Trois grenades ont été jetées sur le tas de victimes en guise de coup de grâce. Certains des cadavres étaient encore chauds, ce qui indique la longue agonie de certains. Aucun papier d’identité »

Ces observations seront confirmées par le docteur Paul, médecin légiste appelé sur place.

Les cadavres sont transférés dans le garage Biguet, 65 rue Chardon Lagache dans le 16ème transformé en chapelle ardente où se trouvent déjà les corps des résistants tués rue Leroux. Les Allemands les avaient chargés sur un camion qu’ils avaient abandonné 41, avenue Foch. Prévenu par un concierge, le commissaire de police de la porte Dauphine les avait récupérés.

L’abbé Borme donne une absoute générale le 18 août en présence du maire du 16ème arrondissement, de personnalités de la Croix-Rouge et de quelques familles déjà prévenues. Les corps non réclamés seront inhumés le 19 août dans l’après midi »

 

Mais, un soir du printemps 1944, un inconnu entre dans la maison de fonction des parents. L’homme s’installe dans le grenier. D’un sac en moleskine, il sort un émetteur. Jeanne elle-même a ses « occupations ». Fin juillet, début août, elle aide la mère d’Arthur De Smet, jeune résistant et future victime du drame de la Cascade. La maman d’Arthur tient un café, à Chelles. Dans le bois de Logne, cinq combattants des forces alliées sont réfugiés : deux Britanniques, dont un pilote, un Américain et deux Soviétiques. Par mesure de sécurité, les deux femmes les font changer de planque : d’abord à Thorigny, puis sur Trilbardou, dans une ferme.

Le mardi 15 août, la famille achève son repas. Pierre Weczerka, qui s’est rendu à Chelles afin d’y prendre des ordres, annonce qu’il doit aller à Paris, le lendemain matin, pour y chercher des armes. Sa belle-mère le met en garde. Londres, dit-elle, annonce un coup de filet en région parisienne. L’un des responsables du groupe de Chelles, le docteur Blanchet, prend contact avec le « commandant Albert », M. Bouteiller, instituteur à Lagny, qui se méfie et renonce à participer à l’opération. Le mercredi 16 août, au matin, Pierre Weczerka n’entend pas la sonnerie du réveil. C’est Jeanne qui le tire de son sommeil. « Si j’avais su ! » soupire-t-elle aujourd’hui. Dans la cour, il récupère la mitraillette qu’il a cachée sous un tas de bois, et disparaît. Le jour s’achève ; un autre jour se passe. Jeanne Weczerka, par habitude, ne s’inquiète pas.

Vendredi 18 : une camionnette stoppe devant l’école. Un habitant de Champs-sur-Marne, employé dans un garage, hèle le père de Jeanne et lui parle. Ce dernier fait signe à sa femme. Ils reviennent. Pierre est pris, annoncent-ils à leur fille, avant de révéler la vérité : Pierre est mort. Le samedi, Jeanne s’en va, avec M. Garaud, reconnaître et enlever le corps de son Pierre. Les gens de la Croix-Rouge avaient rassemblé les restes des trente-cinq victimes de la tuerie de la Cascade du bois de Boulogne dans un local de la rue Chardon-Lagache, dans le 16e.

Le groupe des jeunes FTP de Chelles était parti avec un camion de déménagement (les Déménagements Bartaire) et l’ambulance du docteur Blanchet (trente ans). Un des responsable du groupe était Jacques Schlosser, vingt-deux ans (jeune communiste dont le père sera élu maire de Chelles à la Libération). Dans le véhicule de transport médical, a-t-on raconté par la suite, Pierre avait pris la place du malade. Tandis qu’ils roulaient, un autre camion faisait route vers le piège tendu par Marcheret (1) dans un garage, avec, à son bord, les Jeunes Chrétiens combattants : notamment Jean Dudraisil, dit « Philo », vingt et un ans, responsable parisien de l’organisation, et Pierre Rouillon, dix-neuf ans. Un troisième camion, affrété par un groupe de jeunes de l’OCM, s’acheminait vers les lieux de l’embuscade. Avant leur massacre, les trente-cinq seront torturés en différents locaux de la Gestapo, sur ordre exprès du général von Choltitz.

« Sans doute, lance Mme Mas-Weczerka, se sont-ils insuffisamment méfiés ; mais on leur promettait des armes, des tonnes d’armes : et elles faisaient si cruellement défaut à cette époque ! »

Jean Morawski.

 



28/03/2009
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