RAIL et MEMOIRE

RAIL et MEMOIRE

DUPONT Robert

DUPONT Robert

 

Chauffeur au dépôt de Caen (14)

 

 

Date de naissance : 22 juin 1912

Lieu de naissance : DIVES sur MER (14)

Date de décès : 6 octobre 1942

Lieu de décès : AUSCHWITZ (Pologne) 

Circonstances : Mort en déportation

Enregistré à AUSCHWITZ sous le matricule 45510

 

Cheminot du convoi des 45000

 

Méthode  de recherche Rail & Mémoire pour cette notice :

 

CD-Rom « La Résistance dans le Calvados », Collection AERI (2004) – D'après une fiche rédigée par Jean QUELLIEN

 

 

Marié et père d'un enfant, Robert DUPONT est militant politique et syndical.

Secrétaire de la cellule communiste de la gare de Caen, et membre du Front National.

 

Arrêté comme otage dans la nuit du 1er au 2 mai 1942, en représailles des attentats d'Airan commis le 16 avril et le 1er mai contre des trains de permissionnaires de la Wehrmacht (38 tués), il est interné à Compiègne et déporté le 6 juillet 1942 vers Auschwitz.

 

 

[Jean QUELLIEN – Jacques VICO, Massacres nazis en Normandie, les fusillés de Caen, Editions Charles CORLET, Condé sur Noireau, 1994]

 

Notes Complémentaires

 

Au moment de son arrestation, il est domicilié au 31, rue Voltaire à Mondeville, agglomération de Caen (Calvados - 14). Marié, il a un enfant.

 

Il est cheminot (chauffeur). Communiste, il est secrétaire de la cellule du Dépôt (gare de Caen).

 

Dans la nuit du 1er au 2 mai 1942, il est arrêté à son domicile par la police française, comme communiste. Figurant sur une liste d'arrestations demandées par la Kommandantur de Caen à la suite du déraillement de Moult-Argences (Airan)*, il est conduit à la gendarmerie de Mondeville. Le 4 mai, remis aux autorités d'occupation, il est emmené au "petit lycée" de Caen où sont rassemblés les otages du Calvados. Le soir même, il fait partie du groupe de détenus conduits à la gare de marchandise de Caen pour être transféré au camp allemand de Royallieu à Compiègne (Oise - 60), Frontstalag 122 Polizeihaftlager. Ils y arrivent le 5 mai, en soirée. Robert Dupont y reçoit le matricule 5223.

 

Il est déporté dans le convoi de 1125 otages "communistes" et 50 otages juifs qui part de la gare de Compiègne le 6 juillet 1942, en représailles d'actions armées de la résistance.

 

Le 8 juillet 1942, il est enregistré à Auschwitz, peut-être sous le numéro 45510, selon les listes reconstituées (la photo d'immatriculation correspondant à ce matricule a été retrouvée, mais n'a pu être identifiée).

 

Il meurt à Auschwitz le 6 octobre 1942.

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* Le double déraillement d'Airan et les otages du Calvados

 

Dans la nuit du 15 au 16 avril 1942, le train quotidien Maastricht-Cherbourg transportant des permissionnaires de la Wermacht déraille à 17 kilomètres de Caen, à l'est de la gare de Moult-Argence, à la hauteur du village d'Airan, suite au déboulonnement d'un rail par un groupe de résistance. On compte 28 morts et 19 blessés allemands.

L'armée d'occupation met en œuvre des mesures de représailles importantes, prévoyant des exécutions massives d'otages et des déportations. Le préfet du Calvados obtient un sursis en attendant les conclusions de l'enquête de police. Mais, faute de résultats, 24 otages choisis comme Juifs et/ou communistes sont fusillés le 30 avril, dont deux à Caen.

Dans la nuit du 30 avril au 1er mai, un deuxième déraillement a lieu, au même endroit et par le même procédé. Un rapport allemand signale 10 morts et 22 blessés parmi les soldats.

Ces deux déraillements sont au nombre des actions les plus meurtrières commises en France contre l'armée d'occupation.

 

Au soir de l'attentat - à partir de listes de communistes et de juifs (130 noms sur le département) transmises au préfet par le Feldkommandant - commence une vague d'arrestations, opérées par la police et la gendarmerie françaises avec quelques Feldgendarmes. Dans la nuit des 1er et 2 mai et le jour suivant, 84 hommes au moins sont arrêtés dans le Calvados et conduits en différents lieux de détention. Pour le commandement militaire allemand, ceux qui sont maintenu en détention ont le statut d'otage.

Tous les hommes désignés n'ayant pu être arrêtés, une autre vague d'arrestations, moins importante, a lieu les 7 et 8 mai. Le préfet ayant cette fois-ci refusé son concours, ces arrestations d'otages sont essentiellement opérées par la Wehrmacht.

Au total plus de la moitié des détenus sont, ou ont été, adhérents du Parti communiste.

Un quart est désigné comme Juif (la qualité de résistant de certains n'est pas connue ou privilégiée par les autorités).

Des auteurs d'actes patriotiques, proches du gaullisme, sont également touchés par la deuxième série d'arrestations.

Tous passent par le "petit lycée", contigu à l'ancien lycée Malherbe (lequel est devenu Hôtel de Ville), où ils sont rapidement interrogés.

Le 4 mai, 48 détenus arrêtés dans la première rafle sont transférés en train au camp de police allemande de Compiègne-Royallieu ; puis d'autres, moins nombreux, jusqu'au 9 mai (19 ce jour-là).

Les 8 et 9 mai, 28 otages communistes sont fusillés, au Mont-Valérien (Hauts-de-Seine) pour la plupart (trois à Caen). Le 14 mai, onze otages communistes sont  encore fusillés à Caen.

La plus grande partie des otages du Calvados transférés à Compiègne sera déportée à Auschwitz le 6 juillet 1942 : 57 politiques et 23 Juifs (près de la moitié des otages juifs du convoi).

 

Source :

- De Caen à Auschwitz, par le collège Paul Verlaine d'Evrecy, le lycée Malherbe de Caen et l'association Mémoire Vive, éditions cahiers du Temps, Cabourg (14390), juin 2001, page 127.

- Jean Quellien (1992), sur le site non officiel de Beaucoudray, //beaucoudray.free.fr/sabotages.htm   peut-être extrait de son livre "Résistance et sabotages en Normandie", éditions Corlet.

 



01/01/2009
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