RAIL et MEMOIRE

RAIL et MEMOIRE

FONTAINE Georges

FONTAINE Georges

 

Aiguilleur à SAINT DIZIER  (52)

 

 

Date de naissance : 23 novembre 1899

Lieu de naissance : TOUL (54)

Date de décès : 28 septembre 1942

Lieu de décès : AUSCHWITZ

Circonstances : Mort en déportation

Enregistré à Auschwotz sous le matricule 45547

 

Cheminot du convoi des 45000

 

 

Méthode  de recherche Rail & Mémoire pour cette notice :

 

* CD-Rom « La Résistance en Haute-Marne », Collection AERI (2006) – Commentaire écrit par Marie-Claude SIMONNET d'après le témoignage de Jeanne FONTAINE, épouse DIRLER, née le 20 décembre 1931 (texte original modifié)

* Site Mémoire Vive

 

 

Dès son arrivée à Saint-Dizier, où il est aiguilleur à la SNCF, Georges FONTAINE, ne cache pas son engagement politique au sein du Parti communiste. C'est pourquoi, suite à la lutte impitoyable menée contre ces partisans par l'occupant et le gouvernement de Vichy, il est interpellé sur son lieu de travail à la barrière de Villiers-en-Lieu, le 22 juin 1941. Gendarmes et Feldgendarmes ne l'arrêtent pas immédiatement car il ne veut et ne peut abandonner son poste. Cependant, il s'engage à se rendre à la Kommandantur de Saint-Dizier, dès la fin de son service. Comme promis, il le fait ce qui lui vaut d'être immédiatement arrêté.

Le lendemain matin, son épouse, Alberte LOPINOT, et sa fille, Jeanne FONTAINE, se rendent à la Kommandantur où elles ne sont pas admises à le voir. Quelque temps après, une lettre arrive de Compiègne où est emprisonné Georges FONTAINE. Aussitôt, Jeanne FONTAINE accompagne sa mère pour se rendre là-bas. Après avoir été toutes deux fouillées, on leur accorde une demi-heure de visite derrière une séparation à mi-hauteur. Derrière elles, de jeunes soldats allemands, armés de mitraillettes, s'amusent à faire peur à la fillette en dirigeant leurs armes contre elle. Souvenir épouvantable de cette journée !

Comme Georges FONTAINE avait été gazé lors de la guerre de 1914, ce qui lui avait valu un séjour en sanatorium en 1930, il quitte Compiègne pour le Val-de-Grâce à Paris, grâce à l'aide de la Croix-Rouge, où il séjourne environ deux mois pour subir des examens pulmonaires. Aussi, Jeanne FONTAINE et sa mère le rencontrent avec la complicité d'une infirmière qui les enferme dans la salle de radiologie. Répit de courte durée, suivi du retour à Compiègne, et ensuite aucune nouvelle.

La sœur de Georges FONTAINE, qui habite la maison de garde-barrière à Bar-le-Duc, trouve souvent dans son jardin des lettres jetées depuis les trains en partance pour l'Allemagne. Le jour du départ de Georges et de son frère Henri, elle voit des mains qui lancent des lettres : il y en a une de Georges.

A nouveau, un grand laps de temps silencieux jusqu'au jour où la mère de Jeanne reçoit d'Allemagne, une simple feuille blanche où est collée la photo d'identité de Georges en tenue de bagnard, avec son matricule. Puis aucun signe de vie, rien avant la libération des camps où quelques compagnons d'infortune annoncent une date approximative de décès quelques mois après son arrivée.

Jeanne et sa mère se retrouvent sans revenu Félix LOPINOT, jeune frère de Madame FONTAINE vient habiter avec elles en 1943.  Membre de Résistance-Fer, il est arrêté en 1943 et déporté à Mauthausen d'où il écrit pour annoncer sa libération en 1945.

Il décède là-bas peu après.

La mère de Georges et Henri FONTAINE n'a pas supporté la disparition de ses deux fils et elle finit ses jours dans un asile d'aliénés.



01/01/2009
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