RAIL et MEMOIRE

RAIL et MEMOIRE

FRANCOIS René

FRANCOIS René

 

Cheminot secteur de LENS (62)

 

Date de naissance : 5 juin 1920

Lieu de naissance : HERSIN COUPIGNY  (62)

Date de décès : Juin 1944

Lieu de décès : Lieu Inconnu,

Circonstances : Fusillé

 (en tentant de rejoindre le Maquis des Ardennes)

 

Méthode de recherches Rail & Mémoire pour cette notice :

 

Des cheminots de Lens Avion Méricourt Dans la Résistance, de Robert VANSTEENKISTE.  Brochure éditée en aout 1994. Page 43 /44

Mémoire cheminote en Nord pas de Calais. Pierre OUTTERYCK CER SNCF de LILLE

C.E NORD PAS DE CALAIS                                                                                                                                        Zone Interdite. Nord –Pas-de-Calais. J. M. Fossier, F.N.D.I.R.P., 1994, p. 708.

Site Internet Ardennes tiens ferme, Philippe LECLERC

 

 

François René était originaire de Hersin Coupigny ; il avait rejoint la résistance et le mouvement des FTPF FN en janvier 1943.

 Sergent chef sous le numéro de matricule 34240 des FFI, il fut exécuté lors d’un engagement avec une patrouille allemande alors qu’il tentait de rejoindre le Maquis des Ardennes en juin 1944

 Décoré de la Médaille Militaire à titre posthume.

 

 " Opération  «  Maquis en Ardennes »

Au moment même où se nouait le drame des Manises un autre épisode tragique se préparait plus à l’ouest, et qui concerne à double titre notre sujet : il se rapporte aux Ardennes, et procède de la même logique que celle qui prévalu à Revin. Les prémisses étaient les mêmes, la conclusion sera semblable.

Le 5 juin au soir est lancé sur les ondes de la B.B.C. le message personnel suivant : « La sirène a les cheveux décolorés ». C’est un ordre de regroupement et de marche pour les 2ème, 5ème, 6ème compagnies F.T.P. du bassin minier du Nord – Pas-de-Calais. Leur objectif : gagner la zone de maquis des Ardennes afin de renforcer les groupes de combats existants (dans la vallée de la Meuse probablement) et/ou créer un nouveau maquis. Ils sont appelés à combattre sur les arrières de l’ennemi…

Le 8 juin, 350 hommes, par groupes, se mettent en route. Les plus jeunes, enthousiastes, manifestent leur patriotisme par des chants qui ne portent pas à équivoque. Certains sont enrôlés en court de route. Mais l’encadrement est défaillant, des jeunes sont rapidement arrêtés ; de plus il semble bien que les allemands connaissent déjà les itinéraires et les relais des groupes constitués.

Le 11 juin, les troupes allemandes encerclent le bois de Bourlon, près de Cambrai, où sont regroupées en une halte provisoire la 5ème compagnie et une partie des effectifs de la 6ème. Après de durs combats, celles-ci sont complètement anéanties. Le 12 juin, la 2ème compagnie arrive aux abords de Guise, dans l’Aisne, puis continue son avance vers Aisonville. Dans la nuit du 13 au 14 juin, elle est arrêtée par les troupes de la Wehrmacht à Vadencourt. Les combats sont impitoyables, et le 14 juin, dans cette commune, les Allemands procèdent à une série d’arrestations de résistants mais aussi d’innocents civils qui sont immédiatement fusillés. Quant à la 2ème compagnie, elle est décimée. Les survivants sont dispersés. Certains détachements vont s’incorporer dans des groupes de l’Aisne avant, fin juin, de recevoir l’ordre de regagner leur base de départ, le Nord - Pas-de-Calais.

Certains autres vont parvenir à rejoindre les Ardennes, à l’instar du Commandant Beaufort, dit « Bruno », commandant de la 2ème compagnie F.T.P.F. du Nord-pas de Calais, qui va se réfugier au maquis de Deville avant de devenir le représentant des F.T.P. auprès de l’état-major des F.F.I. dans les Ardennes. Jacques Watermolen et Charles Weltens, eux aussi de la 2ème compagnie, à leur arrivée dans la région seront aiguillés par la Résistance locale vers le maquis Prisme avec lequel ils combattront jusqu’à la Libération .

Bilan tragique de l’opération : sur 350 hommes, 32 tués au combat, 68 fusillés après capture, 147 déportés…

Cet épisode peut être comparé avec celui des Manises : lors du débarquement, Londres (le B.C.R.A.) appelle à la mobilisation générale des résistants, il faut mettre sur pied de grosses formations, du type de l’armée régulière, pour soutenir l'avance alliée et harceler les arrières allemands (concernant les maquisards F.T.P. du Nord – Pas-de-Calais, un auteur, lui-même ancien F.T.P., a écrit  de cet ordre de regroupement qu’il était une « véritable provocation » Les maquisards des Manises tomberont en même temps et pour les mêmes raisons que les F.T.P. du Nord – Pas-de-Calais. On peut imputer à cet échec les mêmes causes :

- le manque d’encadrement,

- l’inexpérience au combat d’une grande partie des hommes et leur manque d’instruction militaire,

- le manque de préparation et d’élémentaire prudence lors des déplacements,

- l’impréparation des haltes d’étapes (qui se traduit aux Manises par des bivouacs improvisés avec des toiles de parachutes, des feux allumés, etc…).

Le tout aggravé dans le cas présent par le manque d’armement et par ce que les compagnies F.T.P. vont devoir mener le combat en rase campagne, loin des frondaisons parfois salutaires de la forêt."

J. M. Fossier, Zone Interdite. Nord –Pas-de-Calais. F.N.D.I.R.P., 1994, p. 708.



19/04/2010
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