RAIL et MEMOIRE

RAIL et MEMOIRE

GARDETTE Antoine

GARDETTE Antoine



Chef de Gare à ANNEMASSE (Hte Savoie)

 

Date de naissance : 22 août 1891 ou 27 Septembre 1890

Lieu de naissance : SAVIGNY les MINES (69)

Date de décès : 25 avril 1944

Lieu de décès : Camp de concentration de Flossenburg

Circonstances : Mort en Déportation

 

Méthode de recherche Rail & Mémoire pour cette notice :

Livre de Charles RICKARD  " La Savoie dans la Résistance " Éditions Ouest France " page 172

Livre Mémorial FMD Tome I page 1400

page 28 de Mémorial de la déportation: Haute-Savoie, 1940-1945   Par Michel Germain

Revue Notre Metier du 06 sept 1946 

Annemasse, ville frontière 1940-1944 DOZOL Vincent / Mémoire de Séminaire : Histoire Politique / 2009 – 2010 / Sous la direction de : VERGNON Gilles /Soutenu le 21 juin 2010 /http://doc.sciencespo-lyon.fr/Ressources/Documents/Etudiants/Memoires/Cyberdocs/MFE2010/dozol_v/pdf/dozol_v.pdf

 


Déporté par le Convoi I 171 parti de Compiègne le 17 janvier 1944 et arrivé le 19 janvier 1944 au KL Buchenwald ou il est enregistré sous le numero de matricule  39 490 ;  il est  transféré à Flossenbürg où il est décédé.


La Résistance des cheminots est enfin très active dans l’activité de passage de frontière. La ligne directe entre Annemasse et Genève est interdite au transport de voyageurs mais continue de circuler pour les marchandises. La ligne qui mène au Bouveret via Evian-les-Bains reste par contre ouverte au transport de personnes. Deux navettes sont effectuées chaque jour entre Genève et Annemasse. Une vingtaine de cheminots d’Annemasse seulement sont autorisés à effectuer le trajet entre Annemasse et la gare Genève-Eaux-Vives. Ils disposent d’un sauf-conduit spécial délivré par les troupes d’occupation. GROUSSARD, par l’entremise du Maire DEFFAUGT et de Charles THURA, préparateur en pharmacie, cherche quelqu’un de confiance sur la ligne ferroviaire qui mène à Genève. André ALLOMBERT est alors choisi. Le parcours d’André ALLOMBERT permet d’entrevoir la diversité de l’action résistante des cheminots d’Annemasse. Il est apprenti au chemin de fer de 1938 à 1941. Sa promotion est mutée administrativement, cette année-là, à Chambéry. Il démissionne rapidement de la SNCF pour éviter les chantiers de Jeunesse. . Il intègre alors l’ « Armée d’Armistice », qui est rapidement dissoute après l’invasion de la zone Sud par les troupes  de l’Axe. Il réintègre alors la SNCF à Chambéry. Il est arrêté une première fois à Grenoble alors qu’il tente de récupérer des armes dans une ancienne cache près du château de Vizille, en juin 1943. Catalogué comme « insoumis », il est remis en semi-liberté et prend la fuite. Clandestin et recherché, il arrive à Annemasse où il vit de rapine, grâce à des tickets de ravitaillement volés. Il loge clandestinement dans diverses chambres dans le secteur d’Annemasse et théoriquement jamais durant plus de deux nuits consécutives. En cas extrême, il loge, comme une trentaine de réfugiés en attente de passage, dans une grotte située au dessus du château d’Étrembière, sur le Mont Salève. Il s’engage dans les réseaux GILBERT et il occupe rapidement une place clé. Lorsqu’il accède au grade de Commandant, il est payé 1500 Fr par mois par le Réseau. Sa mission première est de garantir la sécurité des passages de la frontière suisse aux agents des réseaux GILBERT.

Les passages sont réalisés chaque fois avec l’accord préalable du colonel GROUSSARD. Les personnes en attente de passage ont rendez-vous sous la rotonde de la gare d’Annemasse afin d’embarquer sur le train. Les mécaniciens font en sorte que de grosses échappées de vapeur dissimulent les clandestins de la surveillance des troupes d’occupations.

A la suite d’un accord avec les autorités d’occupation, deux personnes uniquement sont autorisées sur le convoi pour la Suisse : un chauffeur, qui fait brûler le charbon et un mécanicien. La présence d’une troisième personne est possible si celle-ci est en formation. Dans ce cas-là, les contrôles sont plus probables et les questions plus nombreuses.

Se faisant passer pour un mécanicien « en pilotage » (c'est-à-dire en formation), un agent qu’il faut évacuer enfile un bleu de chauffe et monte avec les deux véritables cheminots dans la locomotive. Au besoin, mais très rarement, une quatrième personne peut les assister. Certains clandestins sont aussi cachés dans les wagons de marchandises car les Allemands « n’allaient pas ouvrir 25 wagons !» pour vérifier en détail si rien n’est suspect. D’autres se dissimulent dans le tender. ALLOMBERT a  personnellement fait passer cinq réfugiés clandestins, deux hommes d’une cinquantaine d’années et un jeune couple accompagné d’un enfant. Si l’embarquement n’est pas possible sous la rotonde, on s’organise pour que les personnes à évacuer puissent accéder au train dès qu’il a quitté la gare. Au niveau de la halle de marchandises située le long des voies, dans une courbe, le train s’arrête presqu« disque », placé sur la locomotive, sert de mouchard qui empêche le train de s’arrêter complètement sur son trajet.

On charge les réfugiés puis on accélère aussitôt pour ne pas éveiller les soupçons. Le chauffeur est théoriquement le seul autorisé à descendre du train une fois en Suisse. Il peut être remplacé par un agent de la Résistance de manière exceptionnelle. Sur les 5 km à parcourir, il suffit d’avoir du charbon et un feu conséquent pour réussir le voyage. En gare genevoise, d’autres agents attendent parfois pour échanger les places et rentrer ainsi en France. Les passages ne peuvent être un succès sans la bienveillance, ou du moins l’ignorance feinte, de la part des cheminots helvétiques. Dans différents récits, les cheminots français rendent hommage à leurs collègues genevois, qui soutiennent l’activité clandestine « comme relais, points de chute d’hommes, de courrier et même de matériel. »

Combien de personnes ont-elles utilisé la ligne ferroviaire transfrontalière pour voyager entre les deux pays ? Comme les autres types de passages, le chiffre est très difficile à estimer, aucun registre n’est tenu. On sait seulement que la Résistance des cheminots d’Annemasse effectue 81 passages entre août 1943 et mai 1944, avec un pic de 20 passages durant le mois de janvier 1944.  

Selon d’ALLOMBERT, « le passage des Juifs s’est greffé accessoirement à notre action militaire. »

Les résistants vivent dans la peur d’une trahison, de la part de personnes extérieures aux organisations, ou de la part d’un camarade qui, une fois arrêté, parle. ALLOMBERT souligne par contre que « chez les cheminots, on est tous là ! Il n’y a pas eu de dégât ! »

En réalité, deux cheminots perdent la vie à cause de leur activité clandestine, dont M. GARDETTE, chef de gare à Annemasse, arrêté le 15 septembre 1943. Il meurt en déportation.

Annemasse, ville frontière 1940-1944 DOZOL Vincent / Mémoire de Séminaire : Histoire Politique / 2009 – 2010 / Sous la direction de : VERGNON Gilles /Soutenu le 21 juin 2010/http://doc.sciencespo-lyon.fr/Ressources/Documents/Etudiants/Memoires/Cyberdocs/MFE2010/dozol_v/pdf/dozol_v.pdf



21/07/2011
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