RAIL et MEMOIRE

RAIL et MEMOIRE

JOUTET Antonin

JOUTET ANTONIN

 

CHEMINOT Auxiliaire manoeuvre  à CAPDENAC-GARE (12)

 

 

Date de naissance : 07/05/1918

Lieu de naissance : Lunegarde 46

Date de décès : 10 juin 1944

Lieu de décès : Ferme de Gabaudet, près de  GRAMMAT (46)

Circonstances : Fusillé

 

 

Méthodes de recherche Rail et Mémoire pour cette notice :

 

Site internet QUERCYnet, La  résistance en Quercy

//www.quercy.net/qhistorique/resistance/gabaudet.html

Source : texte intégral à lire sur

 site  //www.quercy.net/qhistorique/resistance/gabaudet.html

 CAH SNCF LE MANS en ligne

 

Antonin JOUTET fut abattu au retour de son travail, par des soldats d�un détachement appartenant au S.S Panzer Régiment II de la division Das Reich sur la route de la ferme familiale qui servait de camp de regroupement pour les maquis du LOT.

 

 

« En cette fin d�après midi, Antonin Joutet rentre en vélo, depuis la gare de Gramat où il était allé se renseigner sur les horaires des trains, car, employé à la SNCF, il devait rejoindre Capdenac-gare, le lendemain matin, et le trafic ferroviaire était très irrégulier et même

parfois inexistant.

S�arrêtant pour bavarder avec Emmanuel Alvez, qui allait couper du bois près de Donnadieu, ils furent surpris par l�arrivée de jeeps qui débouchaient d�un chemin de terre. Le temps de réaliser que ces véhicules étaient allemands, les soldats les fouillent pour vérifier s�ils n�avaient pas d�arme et les font monter dans leurs véhicules, sans ménagement, à coups de crosse. Mais après une rencontre inopinée, à hauteur du Calvaire, avec un side-car de Résistants qui rentrait de Bèdes, une fusillade éclate; les deux résistants réussissent tant bien que mal à s�enfuir, Emmanuel Alvez  également, profitant de la confusion.

La colère des allemands est grande, furieux de leur échec, ayant laissés s�enfuir trois résistants, arrivant au Calvaire, ils crient, tirent à bout portant sur Antonin avant de poursuivre leur chemin vers Gabaudet. »

 

« L�inhumation d�Antonin Joutet, 26 ans,  et de Denise, sa s�ur 17ans, eut lieu le dimanche 11 Juin 1944, au cimetière de Lunegarde, village d�où la famille Joutet était originaire.

 

« La famille Joutet l�exploite comme métayers depuis 1920 la ferme du GABAUDET.

Jean-Pierre Joutet décédé le 7 avril 1944, son épouse Philomène, 56 ans, assure la continuité de l�exploitation avec l�aide de ses enfants et d�un ouvrier agricole. Philomène a 8 enfants: 5 filles et 3 garçons. Marthe, l�ainée a 33 ans et est mariée avec Antoine Joyeux de Reilhac, village tout proche. Les autres sont célibataires: Louis, 32 ans, André, 30 ans, Antonin, 26 ans; Yvonne, 22 ans, Paulette, 21 ans; Hélène, 19 ans et Denise, 17 ans.

 

Ce 8 juin, Philomène, Louis, Yvonne et Denise sont présents à la ferme, en compagnie de Guy, fils d�Yvonne qui a 2 ans, de l�ouvrier agricole Jean Labarrière et d�un couple de cousins venus de Toulouse leur rendre visite, Émile et Maria Lacan. Paulette et Hélène sont à Gramat. Quant à André, il est parti pour l�après-midi et Antonin, agent SNCF, est allé à

la gare de Gramat afin de consulter les horaires des prochains trains�.

 

�Malgré la présence d�une centaine de maquisards installés dans la ferme depuis une quinzaine de jours, le travail des champs bat son plein en ce mois de juin ensoleillé, saison où les travaux y sont importants. Depuis fin mai environ, de plus en plus de maquisards se présentaient à la ferme, instituée en camp par les F.T.P. du Lot. Gabaudet était aussi un lieu de rassemblement de tous les jeunes gens de la région qui passait au maquis. C�est là qu�ils y étaient recensés. Le choix de ce lieu a été déterminé par son isolement, loin de toute voie importante de             communication, d�accès difficile par les chemins, dans un secteur qualifié

de calme. Un endroit parfait pour s�organiser et préparer une offensive; En effet, les allemands sont partout, omniprésents, et traquent sans relâche les maquisards, l�oppression ennemie devenant de plus en plus pesante. Quant à la police Vichyssoise soumise à l�occupant, elle fouine, traque, recherche. Sans parler de la Gestapo. De plus, la proximité annoncée du jour J rend chacun très fébrile

 

La ferme, de par sa capacité, se prête à l�accueil de tous ces hommes, granges pour le repos, dépendances pour le stockage des vivres et du matériel sensible. Le chef de détachement, ainsi que quelques uns de ses adjoints, utilisent quelques pièces de la maison de maitre. A côté du four, une cuve à vin, est installée afin de pourvoir au moral des hommes�

 

�Dès le 7 juin, plus de 200 hommes, dont beaucoup de gendarmes, mais également des civils, convergent de tous les coins du département et même de l�Aveyron, vers Gabaudet venant ainsi se joindre au groupe déjà en place. Ces arrivées massives qui se succèdent renforcent considérablement les moyens en homme, mais dépassent les prévisions et prennent ainsi de court les responsables chargés de coordonner.

Au fur et à mesure que l�effectif augmente, arrivent aussi   des véhicules: jeep, side-cars, motos, véhicules militaires. C�est le 7 juin et le matin du 8 qu�hommes et véhicules arrivent massivement. Les gendarmes sont les plus nombreux. Le parc de véhicules s�est enrichi de

voitures particulières dont quelques tractions; les hommes sont entre 300 et 400

L�organisation de ce camp de fortune, n�est pas encore bien Etablie ; hommes et véhicules vont et viennent, et sur ces chemins de campagne non goudronnés, soulèvent des nuages de poussière, visibles de loin »�

           

             

        « Dans la journée une colonne allemande de la division Das Reich, arrivant de Montauban, via Figeac, où elle était stationnée depuis la veille, s�ébranla vers Saint-Céré et en début d�après-midi, un détachement, pris, depuis Le Bourg, la direction de GABAUDET�

 

            Partie   de Montauban, forte de 150.000 hommes, la division Das Reich a reçu l�ordre,

en cas de débarquement, de se diriger vers le front de Normandie où elle était attendue en renfort tout en anéantissant, sur son passage toute velléité de résistance. Pour atteindre ses objectifs, la division s�était scindée en plusieurs colonnes      dont celle-ci qui devait emprunter l�axe Montauban-Tulle, via Figeac. Elle devait donc progresser vers Tulle, via Figeac, Le Bourg, Lacapelle-Marival,      Aynac, Saint-Céré où était prévu un regroupement             .Cet itinéraire ne devait pas menacer la région de Gramat, si toutefois, un adjudant de gendarmerie collaborationniste qui rentrait en permission sur Gramat, n�avait prévenu les responsables allemands de ce rassemblement à GABAUDET. Le repérage de l�avion mouchard; fit surement le reste.

Ce gendarme, adjudant chef à la gendarmerie de Gramat avait renseigné exactement les allemands sur la position de la ferme et sur son rôle du moment. A la suite de plusieurs

affaires de collaboration et malgré l�intervention de ses amis;», il fut muté à Castelsarrasin, mais sa femme (dont deux de ses frères étaient officiers dans l�armée allemande) et ses deux enfants sont restés à Gramat. Il fut arrêté fortuitement le 8 au soir par le maquis de l�Alzou (O.R.A.) avec toute sa famille, ceci bien avant l�intervention ennemie à La surprise est totale: les rafales crépitent, les ballent sifflent et s�écrasent contre les murs; une panique s�empare des occupants du camp. C�est la débandade: certains courent sous le couvert des bâtiments, d�autres rampent vers les buissons du causse; quant aux responsables ils essayent de sauver les documents. Les allemands sont venus en formation puissante; le détachement fort de trois chars et de seize chenillettes déclenche un feu nourri de mitrailleuses et de mortiers. Après un mitraillage sans merci, les chars entrent dans la cour, suivis des fantassins qui fouillent systématiquement granges, étables, habitations, mitraillent à bout portant ceux qui tentent de sortir. Les chars, les mitrailleuses tirent sans arrêt dans un encerclement brutal et total, les soldats allemands, arme à la hanche, complétant ce barrage de feu. Des bêtes et des hommes sont tués ou blessés; le déluge de feu se poursuit sous les cris des uns, les râles atroces et les gémissements des autres. Dans la cour, quelques gendarmes résistent, mais leur geste reste dérisoire face aux armes automatiques, aux grenades, et ils sont mitraillés à bout portant. D�autres Waffen-S.S. achèvent lentement à la baïonnette des maquisards blessés. Puis les tirs de canon viennent détruire les bâtiments: l�incendie provoqué par les obus incendiaires ravage la ferme au milieu des ordres, des cris, des crépitements, du cliquetis des armes et des chenillettes.         

Vers 22 heures, les chars se retirent;; seules les plaintes désespérées d�hommes et d�animaux troublent encore le crépitement des          flammes. Eloi Rossignol, de Reillhac, est très attaché à la famille Joutet. Dès les premiers coups de feu, il se précipite dans la maison, se         saisit de l�enfant et engage les quatre femmes (Philomène, Maria, Yvonne et Denise) à le suivre. Connaissant très bien le terrain, il possède déjà son plan pour la fuite. Traversant la cour, il longe les étables et le fournil, puis plonge dans le;en utilisant haies et murets pour se cacher et se diriger vers les sous-bois en direction de Reilhac afin de s�y cacher. Cependant les chars allemands se rapprochent d�eux et ils se cachent derrière un mur suffisamment haut, tout en gardant la main sur la bouche de l�enfant pour l�empêcher de crier.

A ce moment, Denise se rend compte que sa mère et sa cousine n�ont pas suivi; Eloi tente bien de l�en empêcher, mais Denise repart en courant au milieu du champ de blé, revenant vers la ferme à la rencontre de Philomène et de Maria. Quand les S.S. l�aperçoivent, ils la mitraillent sans hésitation.

                       

Philomène et Maria sont restées prostrées contre un mur de la ferme durant toute la tragédie. A la fin des combats, elles furent chargées debout sur un camion débâché avec les 71 autres résistants faits prisonniers, dont plusieurs finiront en déportation. Certains furent même attachés à l�avant des chars comme otages, afin de décourager les             éventuelles attaques des maquis. Le convoi s�ébranle vers Gramat, laissant GABAUDET et Donnadieu à la proie des flammes. Le détachement allemand arrivera à Saint-Céré vers 23 heures, avant de partir pour Tulle le lendemain. »�.



18/01/2009
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