RAIL et MEMOIRE

RAIL et MEMOIRE

MERY Richard

MERY Richard

 

TOURNEUR à BEGLES (33)

 

Date de naissance : 18 juin 1886

Lieu de naissance : BELVES  (24)

Date de décès :  24 octobre 1941

Lieu de décès : Camp de SOUGE - MARTIGNAS sur JALLE (33)  

Circonstances : Fusillé

 

Méthode  de recherche Rail & Mémoire pour cette notice :

http://www.fusilles-souge.asso.fr/liste_fusilles/mery_richard.html

Le Maitron => Cheminots et Militants, un siècle de syndicalisme ferroviaire, sous la direction de Marie-Louise GOERGEN, Collection Jean MAITRON (Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier français, Les Editions de l’Atelier, 2003

Demeure rue Saint-Hubert à Bègles - (Gironde).
- Arrêté le 11 décembre 1940, interné au camp de Mérignac Pichey -(Gironde).
- Fusillé le 24 octobre 1941 à 55 ans, numéro 27 sur la liste générale des fusillés.

Richard fait partie de ces hommes qui les premiers, au début du siècle, n'ont pas accepté l'ordre injuste et inégalitaire établi. Il s'enthousiasme pour les idées généreuses du socialisme et s'engage dans l'action politique au Parti socialiste. Il suit avec beaucoup d'intérêt et de passion la révolution Russe en 1917. Pour la première fois, ce qui était jusqu'alors son rêve devient réalité, les ouvriers et les paysans unis chassent la bourgeoisie et s'emparent du pouvoir pour construire un régime socialiste où tous les hommes seront frères, où il n'y aura plus d'exploiteurs s'enrichissant en faisant trimer les ouvriers. Il s'insurge et proteste contre l'envoi de détachements de l'armée Française en Ukraine qui aident "les gardes blancs" contre les révolutionnaires et la concentration de la flotte à Odessa en Mer Noire où notamment les équipages se mutineront lorsque les officiers parleront de faire bombarder la ville.

Lorsque, au Congrès de Tours du parti socialiste en 1920, se pose la question de l'adhésion à la Ille internationale communiste, Richard est avec la majorité pour décider la création du Parti communiste SFIC (Section Française de I'internationale communiste), et la minorité conduite, par Léon Blum ne veut pas s'incliner, quitte la salle et constitue le Parti socialiste SFIO (Section Française de l'internationale ouvrière).

Depuis ce congrès, son engagement et sa fidélité au Parti communiste est sans faille. Il déploie son activité à Bègles où le parti le désigne candidat aux élections municipales en 1925 puis en 1935. Il a été embauché aux ateliers SNCF comme tourneur où il ne se contente pas avec René Duhourquet d'animer la vie syndicale et la cellule communiste, il anime aussi la vie sportive, théâtrale et musicale.

Il est président du club "Red Star des cheminots" qu'il crée en 1930 avec l?appui du syndicat de la CGT unitaire puis de la CGT réunifiée, qui lui verse une subvention de 300 francs par mois. Club omnisport adhérent à la FSGT, il y a des sections sportives, musicales et théâtrales. Il a son siège à la maison des cheminots, rue Lamothe, on y donne des concerts, des pièces de théâtre dont une, la reconstitution du procès contre Dimitrov et le Parti communiste à la suite de I'incendie du Reichstag. La section est adhérente à la Fédération des théâtres ouvriers Français (FTOF). La maison des cheminots sera réquisitionnée en 1940 par les troupes Allemandes.

Richard est tout désigné lorsque, prétextant les distributions régulières de tracts et de journaux de la CGT clandestine et du Parti communiste dans les ateliers de la SNCF, la répression s'accentue. Pourtant, dès la fin de 1939 et début 1940, la SNCF, sur ordre du gouvernement, avait déplacé de nombreux militants dans des résidences éloignées de la Gironde.

Le 11 décembre 1940, Richard est arrêté, conduit au camp de Pichey Mérignac en Gironde.

A sa femme qui réclame sa libération car elle est privée de ressources, le préfet exerçant une pression morale lui répond : "en raison de l'activité communiste actuelle, il n'est pas possible d'envisager la libération de votre mari. Sous entendu, c'est la faute aux communistes si votre mari est interné, ou si vous pouvez agir pour faire cesser les activités communistes, votre mari sera libéré.

Le préfet transmet le 1er mars 1941 à la feldkommandantur Ie procès-verbal d'audition de Richard, il ajoute : "Aussi rusé que mauvais esprit, Méry conserve les idées communistes d'une pureté presque mystique. Il semble résigné à supporter toutes les répressions pour la cause à laquelle il reste fanatiquement dévoué et il est d'autant plus dangereux qu'il est sincère dans ses convictions, il est Ie type parfait de cette catégorie d?individus qui, ennemis irréductibles du régime, sont prêts à participer, Ie cas échéant, à une action révolutionnaire".

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Notice du Maitron

MÉRY Richard.

Né le 18 juin 1886 à Belvès (Dordogne), mort le 24 octobre 1941 ; cheminot ; syndicaliste CGTU ; communiste.

Tourneur sur métaux, Richard Méry se prononça pour l’adhésion à la IIIe Internationale lors de la préparation du congrès de Tours (décembre 1920). Le Parti communiste le présenta aux élections municipales de 1925 puis de 1935 à Bègles (Gironde).

Embauché aux ateliers des chemins de fer, il fut un syndicaliste CGTU actif. Il créa en 1930 le club sportif et culturel « Red star des cheminots » qu’il présida.

Arrêté le 11 décembre 1940 comme communiste, interné au camp de Mérignac-Pichey,

il fut fusillé.

SOURCE : Hommage aux fusillés de la région bordelaise, fascicule 1, 1940-1941,

IRM Gironde, 1987.



11/12/2011
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