RAIL et MEMOIRE

RAIL et MEMOIRE

PAVOINE Pierre

PAVOINE Pierre

 

Chef Sous Station électrique à LE MANS (72)

 

Date de naissance : 26 décembre 1902

Lieu de naissance : RENNES (35)

Date de décès : 21 février 1942

Lieu de décès : FONTEVRAUD L'ABBAYE (49)

Circonstances : Fusillé

 

Méthode  de recherche Rail & Mémoire pour cette notice :

 

Relevé plaque Gare de Le Mans

Archives Départementales Le Mans

Joseph ESTEVES, 100 visages de la Résistance et de la Déportation en Sarthe

 (à compte d'auteur 2005 ) voir Bibliographie =>


18 mai 2013 ajout photos
Monument commémoratif des fusillés à Fontevraud (près Camp militaire)
Plaque église St Michel de Fontevraud (49)


DOC ARCHIVES (en instance de scan)

 

Pierre Pavoine naît le 26 décembre 1902, dans une famille modeste qui vit au 10, rue Chi cogné à Rennes. Son père est employé au bureau de comptabilité des transports Prost. Le jeune garçon, comme son petit frère Louis, adore le dessin; mais lui n'en fera pas son métier. Après la Grande Guerre, Pierre Pavoine fait son service militaire dans l'aviation, à Villacoublay. Il s'installe ensuite à Asnières, près de Paris, où il se marie. Il devient électricien aux Chemins de Fer. Au début des années 1930, il se remarie avec Joséphine Croze qui lui donne deux enfants: Mariette, en 1932 et Jean-Jacques, en 1936. Suite à l'électrification de la ligne Paris-Le Mans, en 1938, il obtient un poste à la gare du Mans. Il est responsable de la sous-station électrique qui alimente le secteur Le Mans-Chartres et a d'ailleurs inventé et fait breveter un nouveau système de commande d'aiguillage. «Cela ne l'empêche pas d'être très serviable et il n'hésite pas à se salir les mains », disent ses collègues.

 

Pendant la guerre, il met ses enfants à l'abri notamment chez ses beaux-parents à Tauriac (Lot), mais reste à son poste. Il poursuit également son activité clandestine de militant étant, avant le conflit, secrétaire de la section du Mans du parti communiste.

 Affilié à « Résistance-­Fer », il est répertorié comme agent P2, chargé de mission de troisième classe et sera assimilé, àtitre posthume, au grade de sous-lieutenant des Forces françaises combattantes. L'étanchéité entre les petits groupes de résistants du Front national préserve une certaine sécurité, mais en définitive celle-ci est bien souvent aléatoire et de courte durée.

 

En effet, le 22 octobre 1941 alors qu'il rentre à bicyclette pour déjeuner, la Gestapo est en train de perquisitionner, chez lui au 17, rue de Sinault. Il refuse de fuir et d'abandonner sa famille revenue depuis peu au Mans. Ses enfants, qui sortent de l'école d'Yzeuville, assistent à son arrestation par trois feld-gendarmes et un agent français. A-t-il été dénoncé dans son entourage professionnel ou résidentiel? Quelques jours plus tard, à son épouse, qui lui rend visite à la prison du Vert-Galant, il demande de brûler des papiers cachés dans un trou vers le vieux cerisier du jardin. Elle découvre aussi, dans une boîte métallique, un revolver qu'elle jette dans le grand bassin du Jardin des Plantes.

 

Interné à Angers, puis à Fontevraud, il écrit en novembre 1941, plusieurs poèmes mélancoliques sur sa situation de captif. Il en transmet quelques-uns avec son courrier à sa femme et à ses enfants. Lors de son procès, le 11 décembre 1941, la Cour spéciale d'Angers le condamne à quinze ans de travaux forcés et vingt ans d'interdiction de séjour pour propagande communiste et distribution de tracts. Le 21 février 1942, il fait partie d'un groupe de dix fusillés sans doute choisis comme otages. Les Manceaux: Alexandre Guillon, cheminot et Pierre Planche, métallurgiste sont assassinés avec lui. Georges Guiet, décorateur dans le Vieux-Mans, subit le même sort le lendemain.

 

Avant de mourir, très conscient de laisser sa famille dans une situation bien précaire, Pierre Pavoine, plein d'espérance dans un monde plus libre et plus juste réserve ses mots affectueux et émouvants aux siens. Voici trois extraits tirés des dernières lettres à sa femme, à ses enfants et à ses parents. «Il faut ma chère petite femme être aussi courageuse que moi et élever nos enfants dorénavant toute seule... »; «Je veux que vous sachiez que votre père est mort en pensant à vous et à son Parti... »; «Je suis calme devant la mort, mais j'eus tant voulu vous revoir tous les deux qui avez été si bons pour moi... ».


Monument des Fusillés à Fontevraud , près du Camp militaire

              ©  Photo Bernard Gasté pour Rail & Mémoire






Plaque Eglise St Michel  à Fontevraud

              ©  Photo Bernard Gasté pour Rail & Mémoire







01/01/2010
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