RAIL et MEMOIRE

RAIL et MEMOIRE

POIRIER Marin

POIRIER Marin

 

 

 

Garde Barrières à NANTES (44)


Date de naissance :   09 avril 1903

 

Lieu de naissance :  FOUGERES (35)

 

Date de décès :  30 août 1941

 

Lieu de décès : Champ de tir du Bête à NANTES (44)

 

Circonstance :  Fusillé

 

 

 

 

Méthode de recherches Rail et Mémoire pour cette notice :

 

 

- ADLA : 1694 W 12 et 16.

 

- AMM : 1205 W 3, 1136 W 27 et 27 J 1.

 

- « TEMOIGNAGES 1939 - 1945. Une page d'histoire » de Mr Fernand RIDEL Edition Des Paludiers. 1974.

 

- « Nantes La Résistance ». Dominique BLOYET. Edition CMD 1997.

 

            Note rédigée par Carlos Fernandez correspondant Rail et Mémoire.


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DISCOURS du 30 août 2011 par Carlos FERNANDEZ

pour le 70ème anniversaire de la mort de Marin POIRIER (cliquez ici)

 

 

 

            Dès le début de la guerre les différentes associations d'Anciens Combattants décident de se fédérer, dans le département de La Loire-Inférieure (Loire-Atlantique).

 

            Elles se fixent pour objectif d'aider les pouvoirs publics pour la défense passive, l'aide aux soldats et aux réfugiés. Ainsi se structure un « Comité d'Entraide des Anciens Combattants » dont le président n'est autre que Léon Jost (1).

 

            A l'arrivée des troupes d'occupation allemande à Nantes, le 19 juin 1940, ce comité très actif se transforme en « Comité d'Aide aux Prisonniers » qui croupissent par milliers dans les camps de Châteaubriant, Savenay et dans une moindre proportion à Nantes. Mais c'est en cercle restreint que la décision est prise de dépasser cette aide humanitaire et de faciliter l'évasion de ces prisonniers. C'est ainsi qu'une organisation efficace se met en place. Elle établit de faux papiers, collecte des vêtements civils et prend contact avec des passeurs dans le Finistère pour rejoindre l'Angleterre et la Charente pour le franchissement de « La ligne de démarcation ».

 

            Un de ceux qui a fait le plus d'évasion « est sans contredit Marin Poirier, employé à la SNCF, patriote convaincu, il était l'un des plus jeunes Anciens Combattants. En effet, entré à l'Union des camarades des tranchés en revenant de la campagne du Maroc où il avait été blessé, il se fit remarquer comme excellent propagandiste ... Petit, râblé, brun avec des yeux pétillants d'intelligence, il était l'indiscipline même, bien qu'il fut d'un dévouement à toute épreuve » (2). C'est aussi un homme de conviction puisqu'il est membre de la S.F.I.O

 

            Comme garde-barrière au P.N. 318, situé dans le centre Nantes, proche de la Place du Commerce, il en profite pour noter tous les convois militaires allemands et leur composition. Des informations qu'il transmet au futur Lieutenant Colonel Bouvron avec qui il est en relation. Des informations qui parviendront à Londres.

 

            La résistance est à ses balbutiements. L'un des premiers réseaux constitué à Nantes par Paul Bocq et Henri Adam (3) se compose d'une quinzaine de membres en décembre 1940. Marin Poirier est de la partie. C'est ainsi qu'il participe à l'un des premiers attentats contre l'occupant qui vise, le soir de noël, le Soldatenheim (foyer des soldats). La bombe artisanale ne fait aucune victime mais gâche les festivités et instaure un climat d'inquiétude chez l'occupant nazi.

 

            Parallèlement Marin Poirier poursuit ses activités avec le « comité d'Aide aux Prisonniers ». Son emploi aux chemins de fer lui permet de nombreuses excusions accompagnées de vrais faux civils en Charente. Mais c'est en novembre 1940 que le gouvernement de Vichy promulgue une loi qui impose la dissolution des associations d'anciens combattants pour les regrouper sous la seule égide de la Légion Française des Combattants aux ordres de Pétain, ce qui n'est pas sans créer des animosités. Le « Comité d'Aide aux Prisonniers » est officiellement dissout mais poursuit son activité !

 

            L'étau se resserre. Les allemands sont excédés par la multiplication d'évasions de prisonniers. Le 15 janvier 1941 la Geheim Feild Polizei frappe un grand coup. Elle arrête sans difficulté la plupart des membres du réseau. Elle est aidée par Mr Roger, collaborateur notoire et nouveau président de l'Union Fédérale des Anciens Combattants. Marin Poirier est arrêté le lendemain au café du Cycle, rue de La Fosse à Nantes, c'est dans son arrière salle qu'il recevait les candidats au passage en « zone libre ». Le plus ennuyeux est la découverte, dans ses poches, de documents compromettants. Emprisonné, il comparaît avec ses camarades devant le Conseil de Guerre allemand le 15 juillet 1941. Marin Poirier écope de la plus lourde condamnation. Quatre ans et demi de forteresse pour complicité dans l'évasion de prisonniers de guerre en zone occupée. Il fait appel.

 

            Le 27 août la Cour Martiale allemande rend son verdict. A la demande du procureur, le    Dr Krieg, les peines sont renforcées. Pour Marin Poirier c'est la peine capitale. La nouvelle du verdict plonge la ville dans le désarroi.

 

            Le 30 août 1941 Marin Poirier est fusillé au Champ de tir du Bêle. Il est le premier résistant fusillé à Nantes. Son corps est enterré le long de la haie, devant la porte du 180ème mètre du stand de tir puis il sera transféré au cimetière de La Chauvinière à Nantes où il repose actuellement.

 

            Le 14 novembre 1948 une stèle de 2m70 de hauteur qui accueille le buste de Marin Poirier est inaugurée dans un quartier de cheminots, place du Vieux Doulon à Nantes. Une cérémonie émouvante où l'on note la présence de représentants du Ministre des Anciens Combattants, du Directeur Général de la SNCF et du Maire de Nantes.

 

            La cité cheminote du Vieux Doulon porte son nom ainsi qu'une salle de réunion SNCF située sur le site du Blottereau où trône une réplique de son buste.

 

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(1) Grand mutilé de la guerre de 1914 - 1918, il sera fusillé le 22 octobre 1941, avec 47 autres otages suite à l'exécution du Feldcommandant HOTZ

 

(2) « Témoignage » Mr Ridel op. Cit. p. 51.

 

(3) A ne pas confondre, ce qui est parfois le cas dans certains ouvrages, avec son homonyme le cheminot Henri Adam fusillé le 13 février 1943 suite au procès dit des 42 (voir la note sur le site « Rail et Mémoire).

 



01/09/2011
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