RAIL et MEMOIRE

RAIL et MEMOIRE

SOVEAUX André

 

SOVEAUX André, Charles, Edmond

 

 SOVEAUX André.JPG

 


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Cheminot, Mineur ouvrier, atelier des Voitures et Wagons à Tergnier (02)    

 

Date de naissance : 30 mars 1924

Lieu de naissance : QUESSY (02)

Date de décès : 19 avril 1944

Lieu de décès : prison de LAON (02)

Circonstance : Fusillé

Méthode de recherche Rail & Mémoire pour cette notice .

 

 Relevé de la plaque SNCF de TERGNIER (02) //railetmemoire.blog4ever.com/tergnier-02-technicentre-plaque-2

  

Site Internet, Revue Crimino Corpus //criminocorpus.revues.org/1780, article de Christian Carlier ; « Paul Amor et l’affaire de la prison de Laon (8 avril 1944) »

 

Site MEMORIAL GENWEB pour la photo

 

CAHLM Centre Archives Historiques SCNF Le Mans en ligne cote 118LM093/3

 

SGA DMPA , Cote du dossier AC-21P-156338

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André Soveaux, est né le 30 mars 1924 à Quessy (02), fils de Charles et de Thérèse Rigaut ; il est Cheminot, Mineur Ouvrier aux ateliers Voitures et Wagons à Tergniers,  il demeure au 2, avenue des Champs-Élysées à Quessy.

 Il fait partie des Forces Francaises de l’Intérieur. Le 08 avril 1944, il participe avec trois autres Cheminots , à une opération armée contre la prison de Laon, dans le but de faire évader quatre de leurs camarades cheminots détenus . L’opération minutieusement préparée, avec la complicité de certains gardiens de la prison, résistants, tourne mal . André SOVEAUX  fait usage de son arme et tire. Ils sont arrétés, jugés le 19 avril 1944 à 11 heures, par un tribunal francais,  André et condamné à mort et fusillé à 11 heures 50 par les GMR français, dans la cour de la prison de Laon.

 

 Mort pour la France

 Une rue de Tergniers honore sa mémoire

 

NB

 La plaque commémorative située rue de la Congrégation à Laon qui relate cette opération et lui rend hommage est malheureusement ortographiée de façon inexacte ;  SOVAUX René, mais il s agit bien de lui  .

 

plaque prison laon soveaux .JPG

 

 

 

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Extrait de l' article de Christian Carlier, " Paul AMOR et l' affaire de la prison de Laon" paru dans la revue Crimino Corpus

 

L’affaire de la prison de Laon //criminocorpus.revues.org/1780

 

Les faits :

 

« Le samedi de Pâques 8 avril 1944, les gardiens de la paix Guillermain et Brochart sont de service à la petite maison d’arrêt de Laon. Chargés d’assurer la sécurité extérieure de l’établissement, ils ont pris place, depuis la relève de 17 heures, dans le poste de garde en compagnie du surveillant portier. À 20 heures précises, la sonnette de la porte d’entrée retentit. Le portier ouvre le judas et aperçoit deux jeunes hommes à qui il demande : « Qui êtes-vous et que voulez-vous ? » L’un des deux répond : « Nous venons porter un colis pour M. Huon, surveillant à la maison d’arrêt, de la part de son oncle de Fismes. » Le surveillant s’assure à nouveau de l’identité du destinataire du colis avant d’ouvrir la porte. Celle-ci franchie, les deux jeunes gens – dont l’un est porteur d’une valise – pénètrent dans la cour de l’établissement. Ils se dirigent ensuite, après que le surveillant portier les eut renseignés, vers le logement de fonction qu’occupe le surveillant Huon, à quelques mètres de la porte d’entrée. Les deux hommes se sont à peine éloignés de deux mètres qu’ils se retournent, l’un des deux braquant un revolver sur le surveillant tout en lui criant : « Haut les mains ». Le surveillant pousse alors des cris d’orfraie. D’après celui-ci, les gardiens de la paix Guillermain, armé de sa mitraillette, et Brochart, le revolver à la main, seraient alors sortis du poste de garde. Les deux policiers prétendent de leur côté avoir accompagné le surveillant jusqu’à la porte, le gardien de la paix Guillermain demeurant, une fois les deux visiteurs entrés dans l’établissement, en faction devant la porte du poste de garde et le gardien de la paix Brochart devant la porte d’entrée de la prison. Cette version est contredite tant par les résultats de l’enquête du commissaire de police de Saint-Quentin que par les dires des « attaquants ». Il semble que ce soit seulement aux cris poussés par le portier que le gardien de la paix Guillermain a fait son apparition, mitraillette en bandoulière. Le policier prétendra même avoir voulu faire usage de son arme mais sa mitraillette s’est enrayée. L’individu armé l’a alors sommé de ne pas tirer et de les laisser passer pour aller délivrer six camarades détenus à l’intérieur, tous des « patriotes français ». Le gardien de la paix Brochart serait alors accouru, se serait approché de l’individu armé et l’aurait désarmé immédiatement sans que celui-ci lui opposât la moindre résistance. Sur ordre des policiers, les deux individus lèvent les mains en l’air. L’un des attaquants devait déclarer par la suite qu’il avait été très étonné de la tournure imprévue des événements, d’où son absence de résistance. Les deux hommes sont conduits au greffe, déshabillés et fouillés par Brochart qui découvre sur l’un deux trois lettres ayant trait à l’opération. Il est 20 h 05 quand Guillermain téléphone au brigadier de permanence au commissariat de police de la ville, Gabriel Delaplace. Celui-ci arrive « dans un bref délai » en compagnie de cinq agents, Leseurre, Bréal, Caillou, Hobart et Mauve. Dans la valise qui contenait le colis soi-disant destiné au surveillant Huon, le brigadier inventorie une mitraillette de marque anglaise, trois chargeurs et deux grenades elles aussi de fabrication anglaise. Le surveillant portier téléphone de son côté à la gendarmerie, voisine de la prison, pour demander du renfort avant de retourner à la porte d’entrée.

 

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Il est ensuite procédé au contrôle de l’identité des deux individus :

- le porteur de la valise se nomme Henri Béguin, né le 26 mars 1924 à Condren (Aisne), fils de Henri et de Marcelle Jacquet. Il est ajusteur à la SNCF et demeure 32, rue Kléber à Tergnier. C’est sur lui qu’ont été découvertes les trois lettres ;

- René Gobeaut est quant à lui né le 14 septembre 1925 à Quessy Centre ; il est le fils de feu Adrien et de Germaine Mangin. Manœuvre à la SNCF, il demeure 29, rue Paul Doumer à Quessy Centre. C’est lui qui était armé d’un revolver dont les policiers découvrent qu’il est de calibre 7.65, de marque française et porte le numéro 26.865.

 

6

L’interrogatoire est interrompu par le portier, revenu en courant, qui prévient les policiers que deux individus suspects rôdent aux alentours de la maison d’arrêt. Est-ce un gendarme qui l’a alerté ? Ou des gardiens de la paix demeurés à l’extérieur de l’établissement ? Le brigadier Delaplace prétend pour sa part que c’est lui, guidé par sa seule intuition, se doutant que Béguin et Gobeaut n’étaient pas venus seuls, qui a patiemment épié par le judas et remarqué un individu qui semblait faire le guet à l’angle de la rue des échos. Il affirme même que c’est lui, et non le portier, qui aurait ouvert la porte sans bruit – mais on imagine mal le portier se dessaisissant de sa clé. Le brigadier et les cinq gardiens de la paix se seraient alors précipités vers le supposé guetteur. En réalité, ils sont deux, qui prennent les jambes à leur cou et s’enfuient vers la rue Saint-Martin. Le gardien de la paix Leseurre crie « Halte Police » et tire un coup de pistolet en l’air. L’un des deux fuyards se retourne et fait feu à plusieurs reprises en direction des policiers – du moins c’est ce que ces derniers prétendent – qui ripostent. Les échanges de coups de feu (une quarantaine selon la police, une cinquantaine aux dires du procureur de la République Amor) se poursuivent jusqu’à la hauteur du Courrier de l’Aisne. Un ou deux soldats allemands en faction à cet endroit (les versions varient, on le verra) mettent leur arme à la main : les fuyards, pris entre deux feux, sont arrêtés, menottés et conduits à la maison d’arrêt. Le brigadier se rend alors au commissariat pour rendre compte au commissaire de police qui délivre un ordre d’écrou avant de prévenir le procureur de la République Paul Amor.

 

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Les deux individus arrêtés rue Saint-Martin sont :

- Pierre Fauquet, né le 18 février 1926 à Ailly sur Noye (Somme), fils de René et de Florine Dessachy ; employé à la SNCF, il demeure à Quessy-Cité, avenue des Italiens ;

- et André Soveaux, né le 30 mars 1924 à Quessy (Aisne), fils de feu Charles et de Thérèse Rigaut ; employé à la SNCF, il demeure à Quessy-Cité, 2, avenue des Champs-Élysées. C’est lui qui a fait usage de son arme et tiré.

 

 

 

 

 

L’historien Alain Nice a retrouvé la copie du procès-verbal de l’arrêt de la Cour Martiale .

 

« Ministère de l’Intérieur

Cabinet du Secrétaire Général

État français au Maintien de l’Ordre

Cour Martiale

(Lois des 20 janvier 1944 et 11 février 1944)

Le 19 avril 1944, à onze heures,

Le Président de la Cour Martiale de Laon, à Monsieur le Préfet de Laon

Le président de la Cour Martiale de Laon a l’honneur de vous faire connaître que la Cour Martiale instituée à Laon, par arrêté du Secrétariat Général au Maintien de l’Ordre en date du 17 avril 1944 en application de la loi du 20 janvier 1944, modifiée et complétée par la loi du 21 février 1944 à onze heures a arrêté que :

le sieur Soveaux André, Charles, Edmond, né le 30 mars 1924 à Quessy (Cité) sera immédiatement passé par les armes.

En ce qui concerne :

- Béguin Henri, Octave, né le 26 mars 1924 à Condren

- Gobeaut René, né le 14 septembre 1925 à Quessy Centre

- Fauquet Pierre, né le 14 février 1926 à Ailly sur Noye,

détenus à la prison de Laon ils seront remis à la disposition du Procureur de l’État Français afin qu’il soit requis par lui ce qu’il appartiendra.

Il vous appartient de prendre toutes les mesures utiles en vue de l’exécution, conformément aux lois précitées.

[Signature illisible] »

 

61

Pierre Fauquet a narré l’insoutenable cérémonie de la mise à mort d’André Soveaux à Alain Nice :

 

« André Soveaux a été fusillé, le 19 avril 1944, juste aussitôt le jugement de la cour martiale. On lui a laissé faire une lettre à sa famille et ils l’ont fusillé aussitôt après dans la cour derrière la prison. Nous, nous avions été ramenés en cellule et nous avons entendu les coups de feu. On nous a rapporté qu’il avait crié “Vive la France” avant de mourir. En fait, André Soveaux n’a reçu que deux balles. Celle qui l’a tué, c’est le coup de grâce, les autres balles ont fini dans le mur, plusieurs GMR ont tiré à côté. René Gobeaut possédait une balle restée fichée dans le mur et qu’un agent avait récupéré et lui avait donné. »

 

62

Je laisse parler Alain Nice :

 

« Avant de tomber sous les balles, à 11 h 50, dans la cour intérieure de la prison, André Soveaux, refusant qu’on lui bande les yeux, cria en direction du peloton : “Vive la France” ou selon une autre version “Salut Messieurs et Vive la France !”. Le peloton d’exécution, prévu d’avance, était composé de douze gendarmes français appartenant au GMR “Vermandois”, commandé par un officier français, le lieutenant B… Fidèle aux ordres, celui-ci n’a pas failli dans sa mission et donna le coup de grâce qui tua André Soveaux, épargné par la plupart des balles des GMR. André Soveaux fut inhumé au cimetière Saint-Just dans la fosse commune. Sa dépouille regagna Tergnier par la suite où il fut réinhumé solennellement le 28 avril 1946. Aujourd’hui, une école maternelle de Quessy porte son nom. »

Henri Béguin, Pierre Fauquet, René Gobeaut et les autres résistants laonnois furent libérés de la Santé, sur intervention de l’ambassadeur Nordling, le 23 août 1944. Ils participèrent, aux côtés de leurs camarades FTP, aux côtés de Paul Amor et de ses compagnons de l’OCM, aux combats de la Libération de Paris.

 

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 le Texte integral dont sont extraits ces paragraphes ...

  A CONSULTER IMPERATIVEMENT ; pour une information extremement complète

> Cliquer ci-dessous 

 //criminocorpus.revues.org/1780

 

 

 

 

 



23/09/2014
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