RAIL et MEMOIRE

RAIL et MEMOIRE

TRABIS Michel

TRABIS Michel

 

Cheminot à BORDEAUX (33)

 

Date de naissance : 1er juin 1890

Lieu de naissance : GLORIANNES (64)

Date de décès : 24 octobre 1941

Lieu de décès : Camp de SOUGE - MARTIGNAS sur JALLE (33)

Circonstances : Fusillé    

 

 

Méthode  de recherche Rail & Mémoire pour cette notice :

 

 

Site  //www.fusilles-souge.asso.fr/cadres/cadre_liste_alpha.html

Le Maitron => Cheminots et Militants, un siècle de syndicalisme ferroviaire, sous la direction de Marie-Louise GOERGEN, Collection Jean MAITRON (Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier français, Les Editions de l'Atelier, 2003

 

 

Notice du Site Les Fusillés de Souge :

 

- Né Ie 1er juin 1890 à Gloriannes - (Pyrénées-Orientales)
- Demeure 69 rue Daubidey à Bordeaux.
- Arrêté le 25 août 1940, interné au camp de Gurs, puis au camp de Mérignac - (Gironde)..
- Fusillé le 24 octobre 1941 à 51 ans, numéro 47 sur la liste générale des fusillés.

Michel, ancien combattant de la guerre 14-18, en porte dans la chair les souffrances endurées. Il est pensionné à 45 %. Après avoir frôlé la mort à maintes reprises, il est encore traumatisé par la vue de tous ces jeunes arrachés à la vie ou mutilés pour servir quels intérêts ? C'est une question qui l'obsède. Son premier réflexe est d'agir pour que pareille tuerie ne se reproduise pas, il adhère à l'Association des anciens combattants créée par Henri Barbusse.

Embauché à la Compagnie des chemins de fer du P.0. midi (Paris-Orléans), ces thèmes de la guerre et de la paix, des conditions de vie difficiles, reviennent souvent dans les conversations, alors que dans quelques familles (les 200 familles) s'affiche un luxe insolent. L'idée de l'organisation syndicale fait son chemin, pour mieux se défendre, voire améliorer les conditions de travail très pénibles (la Compagnie n'est pas tendre). Mais comment empêcher la guerre et défendre la paix si l'on n'agit pas au plan politique ? Il trouve sa solution et adhère au Parti communiste en 1930. Il sera cinq ans le trésorier d'une cellule qui se réunit à la maison des cheminots rue Lamothe et dont René Duhourquet (1) est le secrétaire.

Contre le fascisme et la guerre, ces deux maux associés seront la préoccupation du communiste Michel Trabis, on pourrait dire sa hantise et sa passion. Sensible à la misère des peuples agressés ou sous domination coloniale, de tous les hommes victimes de la répression dans divers pays, il adhère au Secours rouge international dont il sera le trésorier.

Dès la dissolution du Parti communiste, le 26 septembre 1939, et la circulaire ministérielle demandant aux administrations et services publics de prendre des mesures coercitives envers les ex communistes, la Compagnie des chemins de fer, devenue SNCF en 1936, ne manque pas de faire du zèle. Les uns sont changés de service, les autres sont déplacés. Pour Michel, c'est l'arrestation le 26 juin 1940, les autorités sont dans un certain désarroi avec l'avance des troupes allemandes, il est libéré Ie 8 juillet. Nouvelle arrestation Ie 25 août pour être envoyé le 27 à Gurs dans les Pyrénées-Atlantiques avec 14 autres communistes dont deux cheminots.

- Lors de leur entrée à Bordeaux, le préfet met au courant les autorités Allemandes des dispositions prises à l'encontre des communistes. Celles-ci réclament le rapatriement de Gurs (qui se trouve en zone libre) de dix d' entre-eux. Michel est de ceux-là et le 16 septembre, destination Bordeaux avec une étape à Buzet-sur-Baïse. C'est seulement le 3 décembre qu'il rejoint au 24 quai des Chartrons, les 148 communistes arrêtés le 22 novembre.

- Les fichiers de la police ont tenu au courant le préfet de sa personnalité : "Adhérent de la première heure de l'ex-parti communiste ?" "Militant convaincu, il a toujours mené sa propagande avec acharnement. Depuis la dissolution du Parti communiste, son action s'exerçait clandestinement par paroles et distributions de tracts. Malgré la surveillance dont il a fait l'objet, il n'a pas été possible de la déceler, en raison de la prudence dont il s'est entouré".

Le préfet rend compte de sa mission accomplie à la Feldkommandantur, Trabis est de retour en zone occupée à Bordeaux, il y joint le dossier et son appréciation :
"Il ressort de ces déclarations que Trabis fut un militant communiste très actif. Les renseignements complémentaires recueillis inclinent à penser que Trabis n'avait guère ralenti son zèle de propagandiste, même après la dissolution du Parti communiste".

Les sentiments n'ayant pas changé, ses convictions fanatiques restant profondes, Trabis demeure un individu dangereux au point de vue national et social :

Michel Trabis est fusillé le 24 octobre 1941 au camp militaire de Souge.

 

Notice du Maîtron

 

TRABIS Michel.

Né le 1er juin 1890 à Glorianes (Pyrénées-Orientales), mort fusillé le 24 octobre 1941 ; cheminot ; militant communiste ; résistant.

Ancien combattant pensionné à 45 %, membre de l'ARAC, Michel Trabis fut embauché à la Compagnie des chemins de fer du P.O.-Midi à Bordeaux (Gironde). Adhérent au Parti communiste en 1930, il devint trésorier d'une cellule de cheminots et trésorier du Secours rouge international.

Arrêté le 26 juin 1940, libéré le 8 juillet puis à nouveau arrêté le 25 août, il fut envoyé deux jours au camp de Gurs. Rapatrié à Bordeaux à la demande des autorités d'occupation en décembre 1940, Michel Trabis fut fusillé comme otage le 24 octobre 1941 au camp militaire de Souge.

SOURCE : Hommage aux fusillés de la région bordelaise, IRM, Gironde, 1987.



03/01/2011
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