RAIL et MEMOIRE

RAIL et MEMOIRE

VILLEMAUX Albert

VILLEMAUX Albert, Martin, Auguste, Albert.

 

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Peintre  au dépôt de Lumes-triage (08)

 

Date de naissance : 7 juin 1895

Lieu de naissance : PONTAVERT (02)

Date de décès : 15 juin 1944

Lieu de décès : ORANIENBOURG

Circonstances : Mort en Déportation

Matricule 64747

 

 

Méthode de recherche Rail & Mémoire pour cette notice :

 

Notre Métier   N° 82 de novembre 1946

Site Partenaire : http://ardennetiensferme.over-blog.com/

 

« Arrêté le 4 mars 1943 pour activité communiste, après avoir manifesté contre un départ de train pour le STO en gare de Sedan. Déporté au départ de Compiègne vers le camp de concentration de Sachsenhausen le 28 avril 1943 »

 

 

Apport du 12/02/2011

Jean Pol VILLEMAUX nous a contacté par le site

voici son commentaire :

 

 Albert est également mon grand père; je suis le second fils de Roger. Une précision concernant la date de son décés le 15 juin 1944. Cette date est celle attribuée par le Ministère après guerre, en l'absence de certitude quant au moment où il est mort, pour faire partir les droits à reversion pour sa veuve. En réalité, un déporté originaire de Sedan, Marcel Boulanger, rescapé du KZ Sachsenhausen avait confié à Roger avoir encore vu vivant Albert une quinzaine de jours avant la libération du camp en avril 1945. Il était au Revier (infirmerie "mourroir"), épuisé, couvert d'anthrax. Devant l'avance des Russes sur Berlin, les SS ont évacué vers l'intérieur du Reich les déportés valides en de terrifiantes marches de la mort et "liquidé" ceux qui ne pouvaient pas suivre. Tel a du être son sort,si il n'était pas mort avant. Je suis dépositaire des lettres qu'il envoya à la famille(n'étant pas "Nacht und Nebel", çà lui était possible)tous les quinze jours d'avril 1943 à août 1944, la Libération par les Alliés empéchant par la suite le courrier de passer.

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Né le 7 juin 1895 à Pontavert (Aisne), mort en déportation le 15 juin 1944 à Oranienburg (Allemagne) ; cheminot, peintre au dépôt de Lumes-triage (Ardennes) ; résistant ; militant communiste ; maire de Nouvion sur Meuse (Ardennes) de 1935 à 1939.

Fils d'un meunier et d'une ménagère, Albert Villemaux fut fait prisonnier civil de 1915 à 1918. À la fin de l'année 1921, il entra comme ouvrier peintre aux ateliers de réparation de wagons de la Compagnie des chemins de fer de l'Est au dépôt de Lumes-triage. Il vint s'installer avec la famille à Nouvion en 1922.

À cette date, il faisait partie du syndicat unitaire mais n'avait pas encore adhéré au Parti Communiste. En 1925-1926, la police perquisitionna chez lui, car il publiait et diffusait des tracts contre le colonialisme et la guerre du Rif. En 1930, pendant une semaine, il cacha le Sedanais Lucien Sampaix, entré dans la clandestinité après une condamnation à dix mois de prison pour avoir écrit des articles antimilitaristes, en particulier en faveur des mutins de Calvi, dans L'EXPLOITÉ, journal régional du Parti Communiste.

Aux élections municipales de 1925, Albert Villemaux fut élu conseiller municipal de Nouvion sur Meuse avec deux autres Cheminots, Henri Bailleux et Léon Coffin, sur une liste d'Union ouvrière présentée par le Parti communiste. Il ne fut pas réélu au scrutin de 1929. En 1935, il conduisit à la victoire la liste du Bloc ouvrier et paysan qui remporta douze sièges contre quatre au Parti socialiste SFIO. Il devint maire de Nouvion-sur-Meuse. Il représenta son parti aux élections pour le conseil d'arrondissement des 10 et 17 octobre 1937 dans le canton de Flize. Il obtint 651 voix sur 2 686 inscrits et 2 424 votants au premier tour ; il se désista pour le candidat socialiste Auguste Charles, conseiller sortant, qui fut réélu au scrutin de ballottage.

Albert Villemaux fut désisté de ses fonctions en décembre 1939. Malgré son âge, il fut relevé de son affectation spéciale et incorporé dans un régiment disciplinaire à Dijon.

Après la défaite, il revint à Nouvion sur Meuse. Pendant l'Occupation, il participa à la

Résistance en liaison avec les communistes du Nord. Sous-lieutenant de la Résistance-Fer et membre du Front national, Albert Villemaux reconstitua, avec ses amis cheminots Arthur Meert, Jules Ruchot et Justin Eloy, la cellule locale du Parti Communiste. Le 3 mars 1943, après une manifestation en gare de Sedan contre le départ de jeunes gens réquisitionnés pour le STO, il fut arrêté par les Allemands pour diffusion de tracts patriotiques et détention d'armes. Il fut d'abord emprisonné à Charleville, interné ensuite dans les prisons de Rethel, Saint-Quentin et Royal lieu près de Compiègne, puis déporté au camp de concentration de Sachsenhausen- Oranienburg (Allemagne). Dans un « Kommando » (l'une des annexes du camp) de Sachsenhausen, il sabota la fabrication de près de 3 000 pièces destinée à l'aviation allemande. L'ayant découvert, les nazis le condamnèrent au régime sévère. Il mourut d'épuisement le 15 juin 1944. Il fut cité à l'ordre « du gouvernement britannique pour services rendus à la cause alliée ».

À la Libération, l'épouse d'Albert Villemaux continua le combat qu'avait mené son mari.

Membre de l'Union des femmes françaises, elle fut élue conseillère municipale de Nouvion sur Meuse aux élections de mars-avril 1945 sur la liste du Parti communiste.

Le fils aîné de la famille, Roger Villemaux, cheminot également, devint secrétaire de la Fédération des Ardennes du Parti communiste de 1949 à 1965, maire de Nouvion sur- Meuse de 1959 à 1979, conseiller général du canton de Flize de 1951 à 1958 et de 1970 à 1994.

Aujourd'hui, la place de l'hôtel de ville de Nouvion sur Meuse porte le nom d'Albert Villemaux.

Marié en mai 1920 à Brévilly (Ardennes) avec Marie Rosalie Docq, Albert Villemaux fut père de trois enfants : Roger Villemaux, né en 1921, Jean Villemaux, né en 1928 et Hugues, né en 1939.

SOURCES : Arch. Dép. Ardennes 1 M 14 et 15 ; 3 M 6, 8 et 9. � Arch. Secrétariat d'État des AC et victimes de guerre. �Annuaire des Ardennes, 1925, 1929 et 1935. � L'Exploité (de Reims), 1929 et 1935. � Loco Revue, mai 1993. � L'Ardennais, 8 mai 1996. � Journal municipal de Charleville-Mézières, n° 49, avril 2001 (photo avec sa femme, ses fils Roger et Jean). � DBMOF, tome 43, p. 249. � Notes de

Roger Villemaux, fils de l'intéressé. � Renseignements communiqués par Marcel Boulanger et par son petit-fils Francis Villemaux. � Etat-civil de Pontavert et Brévilly.

Didier Bigorgne



07/02/2010
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