RAIL et MEMOIRE

RAIL et MEMOIRE

VINSOUS Georges

VINSOUS Georges  46199

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Chef de train à la gare de Vaires-sur-Marne (77)

 

Date de naissance : 13 Octobre 1897

Lieu de naissance : Rumigny (08)

Date de décés : 05 Janvier 1943

Lieu de décès : AUSCHWITZ

Circonstances : Mort en Déportation

Enregistré sous le numéro 46199 à AUSCHWITZ

  

Méthode de recherches Rail & Mémoire pour cette notice :

 

Relevé de la Plaque gare de l’est à Paris EST

 

Site Internet de Claudine Cardon-Hamet, docteur en Histoire, auteur des ouvrages : "Triangles rouges à Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942" Editions Autrement, 2005 Paris et de "Mille otages pour Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 »", éditions Graphein, Paris 1997 et 2000 (épuisé).  http://politique-auschwitz.blogspot.fr/2011/07/biographies-des-deportes-m-z.html

Sie internet  Mémoire Vive : http://www.memoire-vive.net/spip.php?article965

 

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VINSOUS Georges, Valère  46199

 

Biographie rédigée en janvier 2011 par Claudine Cardon-Hamet, docteur en Histoire, auteur des ouvrages : "Triangles rouges à Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942" Editions Autrement, 2005 Paris et de "Mille otages pour Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 »", éditions Graphein, Paris 1997 et 2000 (épuisé). Prière de mentionner ces références (auteur et coordonnées de ce blog) en cas de reproduction ou d’utilisation totale ou partielle de cette biographie. http://politique-auschwitz.blogspot.fr/2011/07/biographies-des-deportes-m-z.html

 

 

« Georges Vinsous est né le 13 octobre 1897 à Rumigny (Ardennes). Employé à la SNCF, il habite à Gouaix (Seine-et-Marne) au moment de son arrestation.

Il se marie avec Francine Côte, à Izieux (Loire) commune où est née son épouse en 1896 et où elle est domiciliée. Le couple aura quatre filles (les trois premières dans les Ardennes, et la dernière Huguette, en Seine et Marne). Ancien combattant de la première guerre mondiale (soldat de première classe, il est blessé aux deux genoux et démobilisé.

Cheminot, Il est membre du Parti communiste à son arrivée en région parisienne (dans les années 1930). La famille habite rue de Claye à Brou-sur-Chantereine (Seine-et-Marne), où Georges Vinsous est conseiller municipal. Il est délégué syndical à la SNCF, réseau Est.

Il est chef de train à la gare de Vaires-sur-Marne. Selon sa fille Huguette, il est secrétaire de la cellule de Vaires-sur-Marne, jusqu’à sa mutation à Flamboin-Gouaix en février 1941.

Il est révoqué de ses fonctions le 2 septembre 1941 (confirmation par courrier du 19 septembre 1941) en application de la Loi du 23 octobre 1940. Il cesse son travail à la SNCF le 4 septembre 1941. Il trouve alors du travail dans une sucrerie de la région (traitement de la betterave à sucre).

 

Georges Vinsous est arrêté le 17 octobre 1941 par des policiers allemands et français, le même jour que Camille Moinet, cheminot de Vaires-sur-Marne. De nombreux élus ou militants communistes du département sont arrêtés les 19 et 20 octobre. Parmi eux, 42 seront déportés à Auschwitz. Lire dans le blog la rafle des communistes en Seine-et-Marne, octobre 1941. Le motif porté sur sa fiche au BAVCC est "communiste, incendie de récoltes"

Deux de ses filles présentes à Gouaix (Odette, âgée alors de 14 ans et Huguette âgée de 8 ans) ont fait un récit très précis et similaire de cette arrestation.

 

« L'arrestation de mon Père est restée fixée dans ma mémoire (j'avais à peine 8 ans : La veille de son arrestation, le 18 octobre 1941, il reçoit à son domicile une convocation lui intimant t'ordre de se rendre le lendemain matin à la Gendarmerie située à Flamboin. Arrivé à l'heure prévue, il dut attendre toute la matinée dans la cour de La Gendarmerie, sans aucune explication sur le motif de sa convocation. (Ces renseignement ont été communiqués à ma mère par des témoins). En fin de matinée, arriva un camion où s’entassaient déjà plusieurs hommes sous la garde de gendarmes allemands et de policiers français. Mon père fut contraint d'y monter à son tour et ramené par ce convoi jusqu'à notre domicile. En présence de ma mère, de mon père, de ma soeur (15 ans) et de moi-même, la Police française se livra à une perquisition dans toute la maison, perquisition qui s’avéra infructueuse.Les gendarmes allemands ne participèrent pas au désordre résultant de ces recherches : ils ont simplement demandé aux enfants que nous étions "de ne pas pleurer" précisant " que notre père allait être jugé et revenir" dans un français suffisam­ment correct pour être compris.

 

Puis, nous avons vu mon père rejoindre le camion suivi d'hommes armés de fusils baïonnette au canon, et partir avec ses camarades sans que nous sachions à ce moment là pour quelle destination.» (Huguette). « C'est par une lettre jetée du train, datée du 5 Juillet 1942, que nous avons eu connaissance du départ de mon père "pour l'Allemagne pensait-il". Cette missive fut la dernière ».

 

A la demande des autorités allemandes, Georges Winsous et ses camarades de Seine-et-Marne sont transférés par cars au camp allemand de Royallieu à Compiègne (Frontstalag 122), les 19 et 20 octobre 1941. A Compiègne, il reçoit le matricule 1781, et se retrouve dans la baraque A3.

 

Georges Vinsous est déporté à Auschwitz dans le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 ». Ce convoi d’otages composé, pour l’essentiel, d’un millier de communistes (responsables politiques du parti et syndicalistes de la CGT) et d’une cinquantaine d’otages juifs (1170 hommes au moment de leur enregistrement à Auschwitz) faisait partie des mesures de représailles allemandes destinées à combattre, en France, les « judéo-bolcheviks » responsables, aux yeux de Hitler, des actions armées organisées par le parti communiste clandestin contre des officiers et des soldats de la Wehrmacht, à partir d’août 1941.

 

Il est enregistré à son arrivée à Auschwitz le 8 juillet 1942 sous le numéro 46199. Georges Vinsous est dirigé à Birkenau avec ses camarades le 9 juillet 1942. Au moment de la séparation du convoi en deux groupes le 13 juillet, il est de ceux qui restent à Birkenau.

 

Il meurt à Birkenau le 5 janvier 1943, d’après son certificat de décès établi au camp pour le registre d’état civil de la municipalité d’Auschwitz (in Death Books from Auschwitz, Tome 3, page 1277). Sa fiche d'état civil établie en France à la Libération porte toujours la mention "décédé le 7 juillet 1942 (sans autre renseignement)». Il est regrettable que le ministère n'ait pas corrigé cette date, à l'occasion de l'inscription de la mention "mort en déportation" sur son acte de décès (Journal officiel du 1 septembre 2001), ceci étant rendu possible depuis la parution de l'ouvrage publié par les historiens polonais du Musée d'Auschwitz en 1995. Lire dans le blog Les dates de décès à Auschwitz.

 

 

« Le nom de mon père est inscrit sur le monument aux morts de Gouaix, dans l’église de Brou- sur-Chantereine, sur la plaque commémorative au pied du grand escalier de la gare de l’Est, et dans une allée du parc de la mairie de Brou-sur-Chantereine qui porte son nom » écrit en 2005 Odette Fondeneige, sa fille.

 

Les filles de Georges Vinsous découvrent en mars 2005 le lieu de déportation de leur père, grâce à un courrier que j’avais envoyé à sa mairie de naissance, il y a plus de 15 ans et qui leur a été transmis à l’occasion de l'envoi d’un extrait d’acte de naissance.

 

Georges Vinssous est homologué "Déporté politique" en 1954. Son épouse est décédée le 14 mai 1983 à Chelles.

 

Sources :

Renseignements communiqués par ses filles, Mme Odette Fondeneige (mars 2005) et Mme Huguette Galdenas (juillet 2007).

Death Books from Auschwitz, Musée d’État d’Auschwitz-Birkenau, 1995 (basé essentiellement sur les registres - incomplets – de l’état civil de la ville d’Auschwitz ayant enregistré, entre le 27 juillet 1941 et le 31 décembre 1943, le décès des détenus immatriculés).

Fichier national du Bureau des archives des victimes des conflits contemporains (BACC), Ministère de la Défense, Caen.

Liste (incomplète) par matricule du convoi du 6 juillet 1942 établie en 1974 par les historiens du Musée d'Etat d'Auschwitz-Birkenau (Bureau des archives des victimes des conflits contemporains (Ministère de la Défense, Caen) indiquant généralement la date de décès au camp.

 

 

Biographie complétée en septembre 2011 par Claudine Cardon-Hamet, docteur en Histoire, auteur des ouvrages : "Triangles rouges à Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942" Editions Autrement, 2005 Paris et de "Mille otages pour Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 »", éditions Graphein, Paris 1997 et 2000 (épuisé). Prière de mentionner ces références (auteur et coordonnées de ce blog) en cas de reproduction ou d’utilisation totale ou partielle de cette biographie. http://politique-auschwitz.blogspot.fr/2011/07/biographies-des-deportes-m-z.html

 



08/04/2012
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