RAIL et MEMOIRE

RAIL et MEMOIRE

WODLI Georges

WODLI Georges

 

Ajusteur à BISCHHEIM  (67)


Date de naissance : 15 juillet 1900

Lieu de naissance : SCHWEIGHOUSE  (67) alors territoire allemand

Date de décès : 1er ou 2 avril  1943 (nuit du 1er au 2 probablement)

Lieu de décès : STRASBOURG  (67)

Circonstances : Mort sous la torture , assassiné par la Gestapo.

 

 

Méthode  de recherche Rail & Mémoire pour cette notice :

Le Maitron => Cheminots et Militants, un siècle de syndicalisme ferroviaire, sous la direction de Marie-Louise GOERGEN, Collection Jean MAITRON (Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier français, Les Editions de l'Atelier, 2003)

 

 

Ouvrier ajusteur des chemins de fer, il était militant puis membre du comité central PCF, syndicaliste  secrétaire de l'Union des syndicats CGTU des cheminots d'Alsace et de Lorraine et résistant français. Il est décédé sous la torture au cours de la nuit du 1er au 2 avril 1943.

Georges Wodli est né le 15 juin 1900 à Schweighouse sur Moder (Bas-Rhin alors en territoire allemand). Deuxième enfant d'un modeste employé des chemins de fer du réseau d'Alsace-Lorraine (A.L.), il entre à l'âge de 14 ans comme apprenti - ajusteur aux ateliers des chemins de fer de Bischheim, près de Strasbourg. C'est là qu'il passe les premières années de la guerre de 1914-1918, en compagnie de son frère Charles, un peu plus jeune que lui, également apprenti – ajusteur.

A 18 ans, à peine réussit son brevet de Compagnon  il est incorporé dans la marine de l'Empire à Wilhelmshafen dans les derniers mois de la guerre. Affecté à Kiel, sur la baltique, il y rencontre son frère aîné Henri. En sa compagnie il assistera et participera au soulèvement de la marine allemande. Puis estimant que la guerre avait assez durée pour eux, ils désertent et rentrent en Alsace redevenue allemande. Il reprend alors sont travail d'ajusteur aux ateliers de Bischheim.

Le 5 octobre 1920, il part à Toulon pour effectuer son service militaire dans la marine française. Ne parlant pas le français car n'ayant été qu'à l'école allemande il vécu des moments difficiles jusqu'à sa libération en mars 1922.

Désireux de se perfectionner dans la langue française, il part à Paris où il travaille comme ajusteur dans plusieurs entreprises  automobiles de l'époque (Renault, Hispano-Suiza,…). C'est dans ces milieux de travailleurs qu'il fait la connaissance de Pierre Sémard et qu'il se lance dans le syndicalisme, puis dans la politique et adhère au Parti Communiste Français (P.C.F.).

Après s'être marié, en 1923, avec une Alsacienne, qu'il avait connu lors de son séjour à Bischheim, il retourne en Alsace en novembre 1925, s'établit à Schiltigheim et retourne travailler à Bischheim.

Dans les années qui suivent, son activité syndicale et politique ira en s'accroissant. En 1930 il est élu au poste de Secrétaire du syndicat C.G.T. des Cheminots d'Alsace-Lorraine et afin de pouvoir remplir sa nouvelle mission, il se fait mettre en disponibilité. Il mène alors une double activité politique et syndicale.

Lors de la déclaration de guerre en septembre 1939 et l'interdiction du parti communiste, il retourne travailler aux ateliers de Bischheim. Le 3 septembre 1939, la population de Strasbourg est évacuée en Dordogne, Georges Wodli est affecté au dépôt de Gretz-Armainvilliers (Seine et Marne). Il y emmène sa femme et son fils né en 1936.

Le 18 janvier 1940, Wodli est également mobilisé et affecté au dépôt du Génie à Epinal. Le 17 février suivant il est mis en affectation spéciale au titre de la SNCF et retourne travailler à Gretz. Le 3à avril 1940 il est rappelé et « affecté » à la 1er Compagnie Spéciale au camp de Saint Benoit, en Seine et Oise, d'où il est ensuite transféré au camp de Roybon dans l'Isère. C'est là qu'en compagnie d'un autre dirigeant communiste il s'évade début septembre. Il entre dans la clandestinité en 1940, et créé son réseau de résistance dans les zones ferroviaires.

Georges Wodli revient clandestinement en Alsace dès le début de l'année 1941 pour tenter de reconstituer le Parti communiste dans les trois départements. Dès le mois de février 1941 un réseau de distribution de l' « Humanité » clandestine avait été mis en place avec ses dépôts et agents de distributeurs recrutés parmi les cheminots et les mineurs du Haut-Rhin. Le mouvement de résistance communiste contre le nazisme se développe rapidement, en particulier dans les ateliers et dépôts de chemin de fer. Si l'aide aux prisonniers de guerre évadés et la propagande sont l'une des premières formes de résistance, les réseaux de résistances organisent des sabotages et des destructions pour diminuer le potentiel de guerre nazi.

A plusieurs reprises, Georges Wodli passe clandestinement la frontière, le 31 juillet 1942 il quitte la Lorraine et repart pour Paris avec l'intention de revenir en Alsace en octobre.

Arrêté le 30 octobre 1942 par la police française, à Chatou (Seine et Oise) chez l'une des 42 familles où séjournait pour travailler, il sera livré à la Gestapo en janvier 1943. D'abord interrogé par les policiers de la gestapo française, il est transféré à Fresnes le 19 novembre 1942 aux mains de la gestapo allemande.

Puis il est conduit le 16 janvier 1943 au camp de sûreté de Schirmeck ou il séjourne six semaines dans le bunker (isoloir) et y subit un véritable calvaire. Transféré au siège de la gestapo rue Sellénick à Strasbourg, il y est enfermé dans une cellule pendant au moins trois semaines pour y subir des tortures, maltraitances, interrogatoires et confrontations. Son assassinat est camouflé en suicide par les policiers nazis. D'après des témoignages (dont Guillaume Burgmeier) il serait mort le 1 ou 2 avril 1943 Strasbourg. Ensuite pour faire disparaître son cadavre, il est conduit au camp du Struthof pour y être incinéré.

Le 30 octobre 1949, il est nommé, à titre posthume, chevalier de la Légion d'Honneur avec le grade de sous-lieutenant, décoré de la Croix de guerre avec palmes et de la Médaille de la Résistance. Des rues portent son nom à Strasbourg, Metz, Gretz…

Fiche Georges RIBEIL & Léon Strauss (Le Maîtron)

Sources :

Arch. Nat. F7/13129, 13130 – Arch. Dép. Bas-Rhin, 98 AL 73 – Arch.  Dép. Moselle, 310, M 95 – Le cheminot unifié, Strasbourg, 2 avril 1945 – L'Humanité d'Alsace et de Lorraine, 7 février 1945 - SNCF, La Région de l'Est de la SNCF de 1939 à 1945,  Strasbourg, 1947, p. 206 - Georges Matter, Heimat unterm Hakenkreuz, 1953 - Maurice Choury, Les cheminots dans la Bataille du rail, 1970, p. 84 -93 - Leon Tinelli, L'Alsace résistante, 2002 - Marie-Louise Goergen, Cheminots et militants- un siècle de syndicalisme ferroviaire, 2003, p. 85 - Strassburger Neueste Nachrichten, 28 janvier 1943 - L'Humanité d'Alsace et de Lorraine, 28 janvier 1945 et 5 février 1945 - Numéro spécial de l'Humanité d'Alsace et de Lorraine : Résistance, décembre 1960, p. 37, 39.

 

Georges Wodli, résistant assassiné rue Sellénick par la Gestapo.

L'actuel bâtiment de l'école ORT, situé rue Sellénick, a eu le triste sort d'être le siège de la gestapo à Strasbourg. C'est aussi là que fut torturé et assassiné le 2 avril 1943 Georges Wodli, chef du réseau résistance du même nom. Soumis aux tortures jour et nuit, il ne livrera aucune information à la police nazi, déclarant : « vous ne pouvez m'enlever la vie, mais vous ne m'enlèverez pas mon honneur ».

 

 

Sa dernière lettre pour son épouse

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L'Humanité du 5 avril 1993

Hommage à Georges WODLI

Les cheminots CGT de la région de Strasbourg rendent aujourd'hui hommage à Georges Wodli, mort, assassiné par les nazis.

La cérémonie aura lieu à Strasbourg, au 4 de la rue qui désormais porte son nom, à 11 heures.

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Photo de la Cérémonie du 2 avril 1945

Né le 15 juin 1900, il avait été élu, en 1930, secrétaire général de l'Union des syndicats des cheminots d'Alsace-Lorraine. Militant communiste, il était entré dans la Résistance. Arrêté le 30 octobre 1942, il avait été livré par la police vichyste à la Gestapo. Les nazis l'internèrent au camp de Schirmeck-Labroque. Transféré au siège de la Gestapo à Strasbourg, longuement torturé, il mourut au cours de la nuit du 1er au 2 avril 1943.



05/01/2009
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