RAIL et MEMOIRE

RAIL et MEMOIRE

BUREAU Emile

BUREAU Emile Alfred

 

Employé aux écritures Gare de PARIS EST (75)

EX Cheminot

 

 

Date de naissance : 20 mai 1900

Lieu de naissance : PARIS (18eme)

Date de décès : 21 Septembre  1942

Lieu de décès : AUSCHWITZ

Circonstances : Mort en Déportation

Enregistré à AUSCHWITZ sous le matricule 45311

 

cheminot du convoi des 45000

 

 

Méthode de recherche Rail &Mémoire pour cette notice :

 

Source « mémoire vive des 45000 », Pierre  LABATE

http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?page=articleCD&id_article=18182

 

 

 

 

Emile BUREAU  fut déporté par le convoi  I42 du 6 juillet 1942 pour Auschwitz où il fut immatriculé sous le numéro 45311, il décède dans ce même camp le 21 septembre 1942

BUREAU Émile, Alfred, Charles

Né le 20 mai 1900 à Paris (XVIIIe arr.), mort en déportation le 21 septembre 1942 à Auschwitz ; employé de banque puis plombier-couvreur ; militant communiste de Paris ; secrétaire appointé du Secours rouge international puis du Secours populaire français de 1928 à 1939.

Le père d'Émile Bureau était un cordonnier à façon décédé en 1921, sa mère, ménagère après avoir été lessiveuse-blanchisseuse, s'était remariée en 1922 avec un garçon de course d'une compagnie d'assurance, socialiste dans le Nord avant 1914, qui adhérera au Parti communiste en 1936. Émile Bureau fit la connaissance de sa première femme, Alice Collas en 1917, l'épousa en 1919 et ils eurent la même année un garçon. Il se sépara d'Alice Collas en mai et divorça en octobre 1924. À cette date, il se lia à Yvonne Isella, née le 22 juin 1906 à Hollerich (Grand Duché de Luxembourg), une vendeuse « un peu dactylo » qu'il épousa en mai 1927 (ou août), année de la naissance de son deuxième garçon. Émile Bureau fit adhérer son amie en 1924 au 18e Rayon communiste et au SRI (Secours rouge international). Elle était en 1938 téléphoniste au journal Ce soir. Notons encore que, dans son autobiographie du 24 juillet 1933, il faisait part de sa méfiance à l'égard du mari de sa sœur aînée, qu'il qualifiait « d'anarchiste littéraire... sombré dans le catholicisme le plus noir » : il s'agissait du poète Pierre Reverdy ! (ce jugement avait disparu dans l'autobiographie de 1938).
Muni de son CEP à sa sortie de l'école primaire à douze ans, Émile Bureau commença à travailler le 1er octobre 1912 comme vendeur et coupeur dans des maisons de soieries et rubans, jusqu'en 1917. À cette date, ayant fait la connaissance d'Alice Collas et ayant besoin d'indépendance financière, il se fit embaucher comme manœuvre dans divers entrepôts, en particulier de l'armée américaine, jusque septembre 1919. Après un mois en novembre 1919 à la SOMUA de Saint-Ouen, il fut reçu n° 2 à un concours des chemins de fer de l'État et, « aidé par le pistonnage d'un oncle et de sa femme », il devint chef de service, employé aux écritures, aux services techniques de la Gare de l'Est. Il travailla ensuite jusqu'en octobre 1920 aux gares de Pantin et de Reuilly où il participa, sans être syndiqué, aux grèves de mars et mai 1920. Il effectua alors son service militaire à Paris d'octobre 1920 à septembre 1922 comme musicien (sans grade). À son retour, il ne retrouva pas son emploi, conséquence de son activité pendant les grèves, et travailla avec son frère dans des distilleries jusque fin 1923. À cette date il devint, sur recommandation, employé de banque à la Société marseillaise de crédit et au début de 1924 à la Banque belge pour l'étranger, comme caissier. Il fut congédié lors de la grève des banques d'avril 1925 pour aide financière aux grévistes, sa banque n'ayant pas débrayé. Il reprit ensuite de 1926 à 1928 du travail comme garçon plombier dans de multiples entreprises avec des interruptions liées à son militantisme.
Émile Bureau commença son activité politique en 1920. Auparavant, esprit très curieux, il avait par de nombreuses lectures étendu sa culture. Il déclarait en effet, dans son autobiographie de 1933, avoir lu à partir de l'âge de dix-sept ans successivement des traités de philosophie élémentaire, des poésies de Victor Hugo, Baudelaire, la Critique de la raison pure de Kant, des romans philosophiques de Tolstoï, Balzac avant de rencontrer Plekhanov, Boukharine, Staline et Lénine. Il suivit en 1924 l'école marxiste dirigée par Paul Marion*. Au début de 1920, il adhéra au groupe du XVIIIe arrondissement du « petit » Parti communiste qui éditait Le Communiste et regroupait des anarcho-syndicalistes sympathisants de la révolution russe (le parti de Raymond Péricat* et Jacques Sigrand*). Il lisait alors Le Journal du Peuple. Il abandonna le groupe à son incorporation et lut alors l'Humanité tout en s'intéressant à l'occultisme et fréquentant le Club du Faubourg de Léo Poldes* alors membre du PC. C'est en octobre 1921 qu'il vint adhérer dans une permanence du Parti communiste où il fut reçu par Georges Marrane* et présida une réunion du parti en tenue militaire. Mais, « gêné par les opinions adverses de sa première femme », il ne milita vraiment qu'en 1924 lorsqu'il fut élu au comité puis, en mai, au secrétariat de la section du XVIIIe arr. et ensuite de la cellule d'entreprise n° 81. Il devint secrétaire du 8e rayon avec Robert Blache* et Renan Radi* de 1925 à 1928. Pendant cette période, Bureau qui habitait au 221 rue Championnet (XVIIIe), fut un militant extrêmement actif. Il fut délégué à la conférence de la Région parisienne précédant le congrès de Clichy (1926) puis aux conférences régionales de 1927 et 1928. Lors des élections législatives de 1928, il fut secrétaire administratif de la Région parisienne. Adhérent au Syndicat unitaire de la banque, il avait participé à la grève d'avril 1925, après 1926 il fut membre de la section plombier du Syndicat unitaire du bâtiment. En 1925, il fut appelé par Alfred Costes* au Comité central d'action contre la guerre du Maroc où il fut trésorier et secrétaire de l'organisation pendant huit mois. Le 28 août de cette année il fut arrêté avec Yvonne Isella au cours de la manifestation, place de l'Opéra, contre l'exécution de quatre jeunes ouvriers en Pologne. Condamné à un mois de prison pour violence à agents (sa compagne à quinze jours pour « outrages ») il fut incarcéré à la Santé. En juillet 1927, lors d'une période de réserve au 129e RI à Coëtquidan, il organisa avec un camarade une manifestation regroupant 250 soldats pour la libération de deux retardataires. Cet épisode, longuement exposé dans son autobiographie de 1933, fut relaté avec photo et article de Marcel Fourrier* dans deux numéros de l'Humanité.
Outre diverses interpellations pour distributions de tracts et journaux ou en sortie de réunions (salle Reflut à Clichy, en mars 1929), Émile Bureau fut de nouveau arrêté le 21 juillet 1929 à la réunion de Villeneuve-Saint-Georges qui préparait le 1er août. Transféré à la Préfecture de police, aux locaux de la PJ avec une douzaine d'autres responsables, isolé, puis au dépôt, il fut inculpé de complot contre la Sûreté de l'État. Maintenu à la Santé il n'en sortit que le 1er février 1930, libéré en même temps que Colomer des « Amis de l'URSS ». Il fit en prison plusieurs grèves de la faim par solidarité avec d'autres poursuivis et suivit des cours politiques suivis de débats dans un cercle d'études marxistes dirigé par Paul Bouthonnier* et apprit un peu d'allemand avec Claude Calzan*.
À l'intérieur du P.C. il fut « à fond » contre Boris Souvarine*, Maurice Paz* et Albert Treint* ; avec Blache il participa à l'exclusion de François Sauvage* du 8e rayon. Il affirmait avoir fait exclure le trotskiste Jean Meichler* du SRI (Secours rouge international). En mai 1928, cependant, malgré son « estime personnelle pour Alfred Costes* et Bonafons* », il appartint à la tendance animée par Georges Joseph*, Ernest Villatte*, A. Cadine* (voir ces noms) qui se prononçait pour une lutte impitoyable contre l'opportunisme. Il vota en 1928 pour cette tendance à la conférence régionale. Il considérait qu'il ne faisait pas partie d'une fraction mais donnait un simple point de vue dans une discussion ouverte. D'ailleurs l'IC donna raison à ceux qui voulaient écarter du bureau politique des gens comme Bernard* mais des chefs de file de ce courant avaient des objectifs douteux.
Émile Bureau était coopérateur à la Prolétarienne du XVIIIe puis à la Bellevilloise, mais il milita essentiellement au SRI (Secours rouge international) : il fut désigné par Costes et Bonafons pour être secrétaire appointé (1 400 F par mois) à cette organisation de masse à partir d'août 1928. Il assura ensuite cette responsabilité en permanence, en dehors d'une interruption lors de son emprisonnement et d'un passage au secrétariat de la Région lyonnaise de novembre 1930 à août 1931, à la direction du Secours rouge puis du Secours populaire jusque 1939. Cette direction comprenait en outre à cette date, Jean Chauvet*, François Vittori*, Charles Désirat* et M. Raimond*. Il publiait régulièrement des articles dans la Défense.
Il
s'occupait particulièrement des problèmes de trésorerie mais la police le soupçonnait de mener, en utilisant le SRI, une « action clandestine, favorisant le séjour en France de militants révolutionnaires étrangers ou facilitant le départ de ceux recherchés par la police française » (Arch. J. Maitron) et le signalait en 1933 comme l'intermédiaire financier entre le Comité international du SRI et les communistes indochinois utilisant le relais de Hong-Kong. Il s'intéressait aux problèmes de la main-d'œuvre étrangère, siégeant en 1936 au bureau du Centre de liaison des comités pour le statut des immigrés et en 1937 au conseil d'administration du journal Voce deghi Italiani. Il était au comité directeur de l'Entente internationale pour la liberté et la paix en Italie, au comité directeur de l'Association des amis du peuple chinois, au secrétariat du Bureau international pour le respect du droit d'asile, au secrétariat du Comité national de secours aux réfugiés politiques, et au secrétariat du Rassemblement mondial contre le racisme et l'antisémitisme. Enfin, il était président (avec Maurice Honel*, Maurice Naile*...) du Comité de soutien des victimes de Clichy.
Le Parti communiste présenta Bureau aux élections municipales de mai 1935, dans le quartier de Notre-Dame-des-Champs (VIe arr.) où il rassembla 507 voix sur 8 414 inscrits et 6 851 votants.
Mobilisé en août 1939 au 4e régiment d'infanterie coloniale, il fut fait prisonnier à Montargis (Loiret) en juin 1940, puis libéré en octobre 1940, à titre sanitaire. Auguste et Suzanne Gillot citent son nom comme militant communiste fusillé pendant l'Occupation. En fait il fut arrêté le 22 juin 1941 par les autorités allemandes à son domicile, il fut interné à Compiègne puis déporté le 14 juillet 1942 à Auschwitz où il mourut deux mois plus tard, le 21 septembre.

René Lemarquis, Jean Maitron, Claude Pennetier




15/11/2009
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